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Terrorisme : vers une loi pour poursuivre les Français à l’étranger

BFM La rédaction, avec Julien Coudrot
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Un projet de loi pour poursuivre les Français à l’étranger en cas de terrorisme sera présenté fin septembre. Il doit permettre de mieux contrôler ceux qui vont s’entraîner dans les camps avant de revenir en France.

Ils sont Français mais s’entraînent, et parfois même agissent, à l’étranger : comment poursuivre les terroristes qui ont quitté le territoire national ? Un projet de loi antiterroriste doit venir répondre à la question et sera présenté en Conseil des ministres fin septembre. Objectif du texte : « améliorer le renseignement sur les groupes radicaux proches des jihadistes ».

Le modèle des lois contre les pédophiles

Même si l'incrimination d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste offre une grande latitude de poursuites pour ceux qui vont, par exemple, se former dans des camps d’entraînement afghano-pakistanais, certains passaient entre les mailles du filet. Sur le modèle des lois qui permettent de poursuivre des Français partis commettre des actes de pédophilie à l’étrange, ce nouveau texte vient donc s’assurer que personne ne pourrait, en toute impunité, aller se préparer au pire à l’étranger.
L’autre grand aspect du texte concerne la surveillance des données de connexion (internet, géolocalisation, factures détaillées de téléphone), une disposition régulièrement renouvelée mais qui était temporaire et expirait au 31 décembre prochain.

« En grande partie inutile »

Spécialiste du terrorisme islamiste, Jean-Charles Brisard pense toutefois que le texte est « en grande partie inutile ». Selon lui, « cette disposition ne dissuadera que marginalement les velléités de départ isolé dans les camps de combat. En revanche, celles et ceux qui partent à travers les filières, et c’est le cas le plus souvent, connaissent parfaitement les enjeux de leur départ et leur retour ». Il estime donc que les efforts doivent être portés ailleurs. « Je crois que le plus important, c’est de donner les moyens, aux services de police et de renseignement, de suivre ces personnes lorsqu’elles sont rentrées. Il faut insister sur le suivi de ces personnes, pas leur détection, qui, elle, fonctionne. Et c’est surtout une question budgétaire », estime-t-il.