Terrorisme : la communauté juive de Sarcelles loin d’être rassurée

A Sarcelles (Val-d'Oise), le 19 septembre, après un attentat contre une épicerie casher. Joël Mergui, président du Consistoire Central, Francois Pupponi, maire de Sarcelles, et Laurent Chalom Berros, rabbin local. - -
Dimanche, devant le supermarché casher "Naouri" de Sarcelles attaqué le 19 septembre dernier, il n’y a pas foule. La responsable du magasin, présente lors de l'attaque, n'a toujours pas repris le travail. Laurent, 46 ans, continue de faire ses courses ici mais peut-être plus pour longtemps. « On a vraiment très très peur, maintenant on essaie de ne plus mettre la kippa. On ne sait jamais. Un enfant peut se faire agresser, une femme peut se faire agresser, s’inquiète-t-il. On essaie d’être vigilants vis-à-vis de ce qui se passe à côté de nous, maintenant on quittera la France si on est plus en sécurité ».
Thierry, le caissier du supermarché est aussi inquiet : « C’est vrai qu’il faut être plus vigilant qu’avant il faut faire attention regarder autour de soi. On a toujours peur. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? La communauté juive est toujours visée, donc on n’a pas le choix. On fait tous les jours attention mais quand il y a des événements comme ça on est encore plus vigilants. Il y a toujours des tensions c’est un cycle infernal. A mon avis des actions antisémites il y en aura toujours ».
« On a toujours eu des CRS devant la synagogue »
A quelques mètres de là, la synagogue. Aliza, 23 ans, célèbre la fête traditionnelle juive du Souccot avec ses amis. Le gouvernement a annoncé un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte pendant cette période de fête. Pas exceptionnel selon elle : « Nous à Sarcelles, on a toujours eu des CRS depuis 30 ans devant la synagogue pour les fêtes, constate-t-elle. Donc ce n’est pas parce qu’Hollande est arrivé, c’est parce qu’il y a eu des événements et il est obligé de renforcer. Mais je ne vois pas ce qu’on peut faire avec des petits jeunes qu’on attrape dans la rue et qui deviennent des extrémistes ».
« Continuer à vivre »
Richard Halimi, le président de la communauté juive de Sarcelles a été reçu dimanche à l’Elysée. Il avoue ses craintes mais veut éviter la « panique ». « Je suis inquiet parce que jusqu’à présent il n’y avait pas de problèmes particuliers. Il y avait bien sûr quelques actes antisémites et quelques arrachages de colliers comme partout ailleurs, mais il n’y avait pas de graves problèmes antisémites, juge-t-il. C’est vrai que cet attentat contre une épicerie casher a marqué les esprits, il y a un antisémitisme exacerbé, la haine du juif existe il faut que nous soyons très vigilants mais il ne faut surtout pas créer de panique et continuer à vivre comme nous vivions jusqu’à présent ».












