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Ségolène Royal n'obtient pas gain de cause sur le diesel

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Ségolène Royal s'opposait depuis des mois à l'augmentation de la taxe sur le diesel (photo d'illustration).

Ségolène Royal s'opposait depuis des mois à l'augmentation de la taxe sur le diesel (photo d'illustration). - Joël Saget - AFP

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La ministre de l'Ecologie s'opposait depuis des mois à une augmentation du diesel, pour ne pas léser les Français et favoriser les changements de voiture. Mais le gouvernement a préféré en faire autrement dans son projet de loi de finances pour 2015.

Le diesel augmentera de deux centimes d'euros par litre, a annoncé, ce mercredi, Michel Sapin dévoilant le projet de budget pour 2015. Pourtant, Ségolène Royal avait encore rappelé dimanche son opposition à une augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), une ligne qu'elle a défendue pendant plusieurs mois. Sans succès.

Une opposition de longue date

A peine entrée au gouvernement Valls I, la ministre de l’Ecologie avait été à l'origine d'un couac sur ce sujet du diesel. Pour rappel, le 13 mai 2014, alors que le gouvernement affiche déjà son intention d’augmenter de deux centimes le prix du gazole, Ségolène Royal affirme qu’"on ne peut pas fiscalement charger encore des citoyens qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture”. Cette déclaration intervient au moment de la remise officielle d'un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) consacré à la conception des véhicules écologiques. "J'ai bien l'intention de puiser" dans ce rapport, assure alors Ségolène Royal, avec l’objectif de finaliser le projet de loi qui devrait être débattu à partir de septembre au Parlement et d’en retirer l’augmentation de la TICPE.

En mars 2013, Ségolène Royal avait également annoncé qu’elle y était opposée. “On a encouragé les Français pendant des années à acheter des voitures diesel, on ne va pas du jour au lendemain leur taper sur la tête avec un impôt supplémentaire”, avait-elle alors martelé. Idem en septembre 2013, où la présidente de Poitou-Charente avait assuré que “la méthode [du gouvernement] était mauvaise”.

Une opposition infructueuse

Mais l’annonce de Michel Sapin ce mercredi confirme son échec sur ce point. Ségolène Royal n’a pas été écoutée, ni entendue au sein du gouvernement.

Pourtant, jusqu’au bout, elle a tenu tête. Lors d’une interview dimanche 28 septembre au Grand Rendez-vous, elle a réaffirmé ses positions. “Si ces taxes sont faites, elles n’ont rien à voir avec la transition énergétique”, a-t-elle estimé. “Elles vont au budget de l’Etat, elles ne vont pas financer les énergies renouvelables”. La ministre de l’Ecologie avait alors ajouté qu’elle “n’y [était] pas favorable”. “Maintenant, c’est une décision gouvernementale. Si elle est prise, j’en serai solidaire”.

Serait-ce là le premier échec de Ségolène Royal au gouvernement? Pas vraiment, si l'on en croit le politologue Stéphane Rozès, qui se refuse à employer ce terme. Pour lui, Ségolène Royal n’a simplement “pas obtenu gain de cause sur ce point-là”, ce qui n’est pas le cas pour le reste de son parcours au gouvernement. “Elle a su être dans un rapport de force et a très bien défendu son projet de loi sur la transition énergétique", explique-t-il. "D’autant plus qu’elle a obtenu le soutien des écolos sur ce projet de loi”. Ce qui n’est pas le cas avec son opposition à la hausse du prix du gazole, accueillie avec enthousiasme par la plupart des écologistes.