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Secret de la confession: pour Castex, "il n'y a pas de séparation de l'Église et de la Loi"

BFM Elisa Bertholomey avec R.V.
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Jean Castex était à Rome ce lundi. Il s'agissait à l'origine pour le Premier ministre de célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Mais ce déplacement au cours duquel il a rencontré le pape a marqué une nouvelle séquence dans l'actualité ouverte par la publication du rapport sur la pédocriminalité dans l'Église.

C'est une nouvelle réponse à Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, et à ses commentaires sur la relation entre le secret de la confession et le droit. "La séparation de l'Église et de l'État, ce n'est en aucun cas la séparation de l'Église et de la Loi", a ainsi lancé Jean Castex ce lundi après-midi au cours d'un discours dédié, en principe, au jubilé du rétablissement des liens diplomatiques entre le Saint-Siège et la République française.

Un centenaire bousculé par la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église.

"L’émotion de notre opinion publique après la publication des conclusions du rapport Sauvé dit, à elle seule, combien les Français attendent de cette institution séculaire protection, bienveillance et exemplarité. C'est l'Église de France qui a commandé ce rapport. Il lui appartient de trouver les réponses...", a encore développé le Premier ministre, qui s'exprimait sous les ors du Palais-Bonaparte, qui abrite l'ambassade française auprès du Vatican.

Une laïcité qui se passera d'adjectif

Le 6 octobre, en pleine tourmente ouverte par les révélations de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) entre 1950 et 2020, le représentant des prélats français avait déclaré: "Le secret de la confession est plus fort que les lois de la République". Convoqué mardi dernier par le ministre de l'Intérieur, le clerc a reconnu "une formulation maladroite".

En déplacement à Rome ce lundi, Jean Castex s'est d'ailleurs entretenu avec le pape dans la matinée. Face à la presse, au sortir de ce rendez-vous, il a confirmé qu'il avait "évidemment" abordé le sujet avec son interlocuteur: "Ce n'est pas un scoop, l'Église ne reviendra pas sur le dogme du secret de la confession. Mais il faut à tout prix trouver les voies et moyens pour concilier cela avec le droit pénal, le droit des victimes. Le pape en a tout à fait conscience. C'est un travail au long cours".

Durant son discours de l'après-midi, le Premier ministre a voulu insister sur les principes saillants de la laïcité à la française. Alors que son modèle paraît parfois fragilisé dans le débat public - certains la jugeant en péril, d'autres réclamant une laïcité "ouverte" - Jean Castex a posé:

"Je suis convaincu que dès lors qu’elle est conforme à l’esprit comme à la lettre de la loi de 1905 et de ses différentes modifications, la laïcité n’a pas besoin de qualificatifs. Elle délimite simplement les domaines d'intervention de l'État et de la religion. Rendre à la République ce qui est à la République et à Dieu ce qui est à Dieu."

Et la récente loi séparatisme n'y change rien, assure-t-il: "La loi confortant les principes de la République n’est donc en rien constitutive d’un changement de paradigme de la laïcité républicaine, mais vient au contraire la consacrer en l’adaptant au temps présent."