Sarkozy promet des sanctions après le meurtre de Laëtitia

En visite dans un commissariat d'Orléans, Nicolas Sarkozy a promis des sanctions pour ce qu'il voit comme des dysfonctionnements dans le suivi judiciaire et policier de l'homme soupçonné d'avoir tué et démembré Laëtitia Perrais. /Photo prise le 3 février - -
En visite dans un commissariat d'Orléans, le chef de l'Etat a dénoncé le suspect, Tony Meilhon, qui était soumis à une "mise à l'épreuve" lorsque le crime a été commis, comme un "monstre" dont la société doit se protéger. "Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute", a-t-il dit. "Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c'est la règle (...) quand il y a une faute qui conduit à un tel engrenage, nos compatriotes ne comprendraient pas qu'il n'y ait pas de sanction", a-t-il ajouté.
Les agents de probation de Loire-Atlantique et les magistrats nient toute faute car c'est faute d'effectifs que le suivi de Tony Meilhon, comme de celui de plus de 800 autres détenus, avait été abandonné, avec l'accord écrit des autorités. Le service de probation ne comptait que 17 agents pour suivre 3.300 personnes et Tony Meilhon, mis à l'épreuve dans le cadre d'un outrage à magistrat, n'était pas vu comme dangereux.
Pour Nicolas Sarkozy, "il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements côté justice et côté police" et des décisions seront prises pour y remédier. La police avait en effet sept plaintes au moment des faits contre Tony Meilhon, dont une pour viol, qui n'a pas été porté à la connaissance de la justice.
"Notre devoir, c'est de protéger la société de ces monstres, je dis 'monstre' parce que je crois qu'il y a un moment où il faut employer les mots qui correspondent aux situations et ne pas se voiler la réalité", a-t-il encore déclaré.
Mercredi, les magistrats de Nantes se sont réunis en assemblée générale pour contester les accusations de l'Elysée. "Les magistrats du Tribunal de Nantes n'accepteront pas que dans une démarche démagogique visant à masquer l'incurie des pouvoirs publics, des magistrats ou fonctionnaires servent de boucs émissaires", disent-ils dans une motion transmise à Reuters. "Les magistrats de Nantes sont déterminés à recourir à toutes formes d'action collective", ajoutent-ils.
Le poste manquant de juge d'application des peines qui a contribué à l'abandon du suivi de Tony Meilhon n'avait pas été pourvu sur décision du ministère de la Justice, disent les syndicats, produisant des documents écrits.












