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Rentrée morose pour les partis politiques

BFM Ariane Kujawski
Laurent Wauquiez, favori pour la présidence de LR.

Laurent Wauquiez, favori pour la présidence de LR. - Boris Horvat - AFP

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Les partis d'opposition font grise mine et envisagent leur rentrée politique sous le signe des divisions internes.

A l'approche de la rentrée politique, l'heure est à la morosité dans les partis politiques français. Problèmes financiers, divisions internes, militants en fuite… Peu sont épargnés, et la liste des universités d'été fait grise mine.

> Chez LR, divisions internes au programme

Chez les Républicains, on ne parle même pas d'une université d'été: le parti de Laurent Wauquiez organise pas moins de trois événements différents. L'un mis sur pied par les fédérations locales se tiendra traditionnellement à La Baule le 1er septembre, et verra Bruno Retailleau ou encore Valérie Pécresse faire un passage. Laurent Wauquiez, lui, y sera représenté par Brice Hortefeux. Car le président de LR se réserve "son" événement de rentrée, le 26 août à Mézenc, en Haute-Loire. Enfin les jeunes Républicains organisent leur campus les 7, 8 et 9 septembre au Touquet. Mais l'heure est à l'économie: "on ne peut plus organiser un seul et même rendez-vous, car ça coûte trop cher et le modèle est dépassé", confie le trésorier du parti, Daniel Fasquelle, au Parisien.

A l'image des événements estivaux, le parti est divisé en micro-partis rivaux: Valérie Pécresse a passé les 6 derniers mois à afficher ses désaccords avec Laurent Wauquiez, tandis que Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Daniel Fasquelle ou encore Julien Aubert continuent d'afficher leurs différences à travers leurs clubs respectifs. Jean Léonetti, le numéro 2 du parti, s'est vu confier un "conseil des sensibilités" pour éviter que les conflits s'enveniment.

> Au PS, on cherche... un candidat aux européennes

Au PS, l'heure n'est pas à la fête: le déménagement tant redouté de la rue de Solférino, pour des locaux plus modestes à Ivry-sur-Seine, est prévu officiellement pour la fin septembre. Le parti, toujours sonné un an après sa cuisante défaite à la présidentielle, n'organise pas d'université d'été à proprement parler. Du 23 au 25 août, les fédérations locales se retrouvent à La Rochelle mais les militants ne sont pas conviés. François Hollande, qui avait hésité à y faire une apparition, a finalement décidé de ne pas s'y rendre.

Là encore, le parti est miné par ses divisions: le premier secrétaire Olivier Faure se trouve bien seul face à un Stéphane Le Foll pas avare en critiques. Luc Carvounas compte lui aussi monter son club. Quant aux européennes, prochaines échéances électorales, elles s'annoncent déjà difficiles: le Belge Paul Magnette a déjà décliné la proposition d'être tête de liste. Christiane Taubira et Ségolène Royal ont refusé elles aussi.

> La France insoumise ne baisse pas la garde

Difficile rentrée face à la machine France insoumise: malgré l'échec des mouvements sociaux, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n'a pas baissé sa garde, et les militants se sont relayés dans les caravanes tout l'été. La FI fera sa rentrée à Marseille, ville où Jean-Luc Mélenchon est député, pour des "amfis d'été" qui devraient voir également des socialistes, communistes, écologistes et même Républicains débattre.

> Le Rassemblement national renfloue lentement les caisses

Enfin du côté de Marine Le Pen, les problèmes financiers dominent la rentrée. Après s'être vu privé par la justice de deux millions d'euros de subventions publiques, Marine Le Pen avait dénoncé "la mise à mort" de son parti. Son appel à l'aide lancé début juillet commencerait à porter ses fruits: selon Philippe Olivier, conseiller de la patronne du RN, le parti aurait déjà collecté 600 000 euros. Mais le RN a finalement décidé d'organiser une version très allégée de son meeting de rentrée, les 14 et 15 septembre à Fréjus. Une situation qui rappelle celle de l'année passée, où le RN n'avait pas eu les moyens d'organiser son rassemblement estival.