Pourquoi Dominique de Villepin revient à l'UMP

Dominique de Villepin fait son retour à l'UMP et s'est rapproché de Nicolas Sarkozy. - Miguel Medina; Franck Fife - AFP; Montage BFMTV
C'est l'histoire d'une rivalité légendaire dans le monde politique. Entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, l'ambiance a souvent été plus qu'électrique. En 2005, le premier devient Premier ministre de Jacques Chirac et espère barrer la route au second, alors ministre de l'Intérieur, qui occupe un peu trop l'espace médiatique à son goût. Las, Nicolas Sarkozy gravit les échelons, et devient président de la République deux ans plus tard.
L'affaire Clearstream en fond
Entre temps, les deux hommes se font face dans les tribunaux, dans le cadre de l'affaire Clearstream. Dominique de Villepin est accusé de "complicité de dénonciation calomnieuse", et Nicolas Sarkozy se porte partie civile dans l'affaire. Le premier est relaxé en appel en 2011, mais l'ambiance, entre eux, reste exécrable. Nicolas Sarkozy promet à ses proches de pendre Dominique de Villepin à un "croc de boucher".
Quant à l'ancien Premier ministre, il passera le quinquennat Sarkozy à critiquer violemment le Président, sans ménager ses propos.En novembre 2010, il disait ainsi que Nicolas Sarkozy était "l'un des problèmes de la France" et qu'il était temps que "la parenthèse politique que nous vivons depuis 2007 (soit) fermée".
A l'approche de la présidentielle de 2012, Dominique de Villepin fonde son parti et tente de se présenter face à Nicolas Sarkozy. Mais faute des parrainages nécessaires, il est obligé de renoncer.
Villepin "défend l'intérêt général"
Mais depuis six mois, le ton a bien changé entre les deux hommes. En mai 2014, sur BFMTV, Dominique de Villepin estime ainsi que Nicolas Sarkozy "a changé". "J'ai parfois été injuste avec" lui, ajoute-t-il. Plus tard, il dira même de l'ancien Président est "l'un des rares" à pouvoir sauver l'UMP. Pour justifier son choix, il affirme être "au-dessus des partis, il faut être gaulliste et défendre l'intérêt général (…)".
Puis dimanche soir, Nicolas Sarkozy avance l'idée de créer un comité des anciens Premiers ministres. Son premier membre? Dominique de Villepin qui a déjà donné son accord.
Comment expliquer un tel revirement? "Nicolas exerce sur Dominique une sorte de fascination-répulsion", admet une villepiniste, Marie-Anne Montchamp, dans Le Parisien. Elle souligne également le besoin de l'ancien Premier ministre de jouer un rôle politique dans la situation actuelle. Mais jusqu'où irait-il? Selon un ancien ministre cité par Le Parisien, l'ancien Premier ministre regarderait vers 2017, prêt à se présenter si Nicolas Sarkozy était empêché de le faire.
Des raisons moins avouables pourraient aussi expliquer ce rapprochement: le Qatar est le principal client de Dominique de Villepin, actuellement avocat, "or Sarkozy est ami avec les puissants de cet émirat", glisse un rival des deux hommes. Au-delà de la volonté de "rassemblement", ce sont peut-être des raisons très prosaïques qui ont poussé les deux hommes à mettre leurs désaccords en sourdine.












