Pour Debré, Sarkozy "devrait prendre acte que pour lui, aujourd'hui, c'est fini"

Jean-Louis Debré, alors président du Conseil constitutionnel, au Palais Royal à Paris le 9 février 2016 - PATRICK KOVARIK, AFP/Archives
Dans son livre Ce que je ne pouvais pas dire dont l'hebdomadaire Le Point publie des extraits, le jugement de Jean-Louis Debré est radical : "Rien ne m'étonne plus de Sarkozy. Il n'a aucun sens de l'Etat. C'est un chef de clan auquel il est interdit de résister, surtout au nom du droit". Il ajoute aussi que "Nicolas Sarkozy nous joue l'éternel revenant qui s'accroche. Il devrait prendre acte que pour lui, aujourd'hui, c'est fini.
"Quant on veut être président de la République, on doit avoir le sens de l'Etat. Et Sarkozy ne l'a pas", poursuit l'ancien ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac, dont le contentieux avec Nicolas Sarkozy remonte à la campagne pour la présidentielle de 1995. Evoquant la réforme de 2008 qui a modifié en profondeur la Constitution, Jean-Louis Debré affirme que "Sarkozy était prêt à tout casser, par caprice, parce qu'il avait envie de s'exprimer devant le Congrès".
Réforme constitutionnelle de Sarkozy: début de crise
Selon lui, "la Ve République a été brisée par cette réforme", car "les institutions ne fonctionnent plus". "A droite, la crise est pathétique. Les candidats à la primaire proposent tous la même chose et ne cessent de se dénigrer entre eux", "en face, au PS, ils prennent un malin plaisir à se combattre".
"Au sommet de l'Etat, certains se croient tout permis", s'insurge par ailleurs Jean-Louis Debré : "J'ai vu des choses inouïes au Conseil constitutionnel. Par exemple, un ancien membre a pu racheter sa voiture officielle pour un euro symbolique en quittant son poste. Et il a continué à nous envoyer ses contraventions après son départ..."












