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Port du voile à l’université: "une nouvelle stigmatisation de l’islam"

La possible interdiction du voile à l'université provoque des réactions.

La possible interdiction du voile à l'université provoque des réactions. - -

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De nouveau le port du foulard islamique est remis en question. Cette fois-ci, il concerne les universités françaises. Réactions.

Le port du voile interdit à l'université? Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité, a certifié lundi l'Observatoire national de la laïcité. Mais la publication d'un rapport dans la presse, lundi, proposant d'interdire non seulement le voile intégral ou le niqab (conformément à la législation en vigueur qui date de 2004), mais aussi le port du foulard n'en finit pas de faire réagir.

Prudence

Jean-Louis Bianco, président du Nouvel observatoire national de la laïcité, interrogé par l’AFP, précise que "ce rapport n’engage que la mission laïcité du HCI qui n’est plus en fonction et n’aurait du lui être remis qu’à la fin de l’année." De ce fait, des précisions complémentaires sont attendues.

Pour Dominique Baudis, défenseur des Droits, interrogé sur RFI, la prudence est de mise. La loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires "doit être précisée", a-t-il estimé. En la matière, "il faut que la frontière entre liberté et laïcité soir claire, et en ce moment elle ne l'est pas", a-t-il ajouté.

La loi de 2004 portant sur l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires dans les établissements secondaires ne concerne pas l'enseignement supérieur. Seul le niqab, ou voile intégral, est interdit, mais le foulard est autorisé.

Crainte et opposition

Ce n'est pas l'opinion de Dalil Boubakeur, président du Conseil Français du culte musulman qui s’est exprimé sur le figaro.fr. Il dénonce "une nouvelle stigmatisation de l’islam". "La liberté d'expression reconnaît aux étudiants le droit d'exprimer leurs convictions religieuses à l'intérieur des universités", réagit de son côté Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire contre l'islamophobie.

"Ce n’est pas tellement le port du voile le problème dans les universités, mais les revendications communautaires sur les salles de prières", a estimé pour sa part Jeannette Bougrab, présidente de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (Halde), sur RTL, mardi matin. Jeannette Bougrab se veut "plutôt opposée à l’adoption d’un texte de loi sur l’interdiction des signes religieux à l'université", préférant que le gouvernement s'occupe des crèches. "J'aimerais déjà que l'on s'occupe de ce sur quoi l'on s'était engagé sur la petite enfance, c'est-à-dire que les personnels qui s'occupent des enfants soient astreint à un principe de neutralité."

Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, est lui aussi "défavorable à l’interdiction du foulard islamique ou d’autres signes religieux dans les universités françaises comme elle peut l’être au collège, à l’école ou au lycée". Il précise que "l’on est avec des adultes, qui prennent leurs responsabilités", "il faut trouver le bon équilibre entre l’exigence de laïcité, de neutralité de l’espace public et le choix des personnes d’exprimer une conviction religieuse". "Cet équilibre est subtil, tout comme le port de la kippa ou d’une croix qui sont également de notre responsabilité de respecter".