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Polémique après un déjeuner entre un conseiller d'Emmanuel Macron et Marion Maréchal

BFM Hugo Septier , Journaliste BFMTV
Marion Maréchal à Rome, le 4 février 2020

Marion Maréchal à Rome, le 4 février 2020 - AFP / Alberto Pizzoli

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En octobre dernier, Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire d'emmanuel Macron, a rencontré la figure de l'extrême droite dans une brasserie parisienne.

C'est une rencontre qui dérange. Dans un article publié ce dimanche, le quotidien Le Monde se fait l'écho d'un déjeuner discret survenu le 14 octobre dernier entre Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire d'Emmanuel Macron, et l'ancienne membre du Rassemblement national et députée du Vaucluse, Marion Maréchal.

La rencontre, organisée à la brasserie Le Dôme dans le quartier parisien de Montparnasse, établissement parisien réputé dans lequel il est possible de "s'attabler loin des regards indiscrets", décrit le quotidien du soir, s'est terminé aux alentours de 14h.

"Bruno Roger-Petit est passé par un ami pour me proposer de me rencontrer. J'ai accepté: je ne refuse jamais de discuter par principe. Surtout que j'étais assez curieuse de connaître celui qui s'amusait à me traiter de nazie toutes les deux semaines quand j'étais députée", explique la petite-fille de Jean-Marie Le Pen au Monde.

Une rencontre "à titre personnel"

Si la teneur des échanges entre l'ancien journaliste et l'actuelle directrice de l'ISSEP n'a pas été dévoilée, le déjeuner a causé des remous au sein même de la majorité. Le député LaREM et vice-président de l'Assemblée nationale, Hugues Renson, a publiquement exprimé sa colère sur Twitter.

"Avec l’extrême droite, on ne discute pas, on ne transige pas. On la combat", écrit-il, ajoutant une phrase de Jacques Chirac datée d'avril 2002. "Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine", avait lancé celui qui allait être élu pour un second mandat quelques jours plus tard, face à Jean-Marie Le Pen.

De son côté, Astrid Panosyan, co-fondatrice du mouvement En Marche!, estime qu'il "y a des gens qu'on ne 'sonde' pas 'à titre personnel', on les combat à titre collectif. Marion Maréchal et toute sa clique en font clairement partie."

Dans les colonnes du Monde, Bruno Roger-Petit affirme que cette rencontre avait eu lieu "à titre personnel, pour la sonder."

La levée de boucliers s'est d'ailleurs répandue à une grande partie de la classe politique. L'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti qualifie de "très très rance" le renouveau promis par Emmanuel Macron, tandis que la vice-présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, estime que le président de la République est le "meilleur allié" de l'extrême droite.

"Logique et habile électoralement"

Pour Christophe Barbier, éditorialiste politique de BFMTV, cette rencontre est à prendre comme une manoeuvre politique plutôt qu'un rapprochement idéologique entre les deux camps.

"Un conseiller n'est pas un élu, et s'il veut bien conseiller le président de la République, il faut bien qu'il rencontre des gens pas d'accord sinon il ne sert à rien. [...] On cherche à gêner le président dans une manoeuvre d'occupation des territoires. En 2022, il faudra neutraliser toutes les droites. On connaît sa relation avec De Villiers, il discute avec des journalistes très à droite, il avait appelé Éric Zemmour et accepté une interview dans Valeurs Actuelles. C'est à la fois logique et habile électoralement", explique-t-il.

En ce qui concerne les critiques, Christophe Barbier a tenu à contextualiser ce déjeuner.

"Chirac avait rencontré Le Pen en 1988, c'était un peu plus compromettant. Filippetti explique que 'c'est rance', mais les rencontres entre Bousquet et Mitterrand elle qualifiait ça comment? Quant à La France insoumise qui s'offusque, elle est moins sensible quand quelques uns de ses membres défilent avec des représentants islamistes. Il faut en revanche calmer ses troupes, entre les ailes droite et gauche du parti, ça tiraille depuis quelques temps."