Péan : « Sous sa blouse blanche, Kouchner a un treillis »

- - -
Refusant de révéler ses sources - que certains pensent proches de l'Elysée - Pierre Péan, le journaliste auteur du livre sur la carrière de Bernard Kouchner, précise ses intentions : « Ce que je veux montrer c'est qu'il y a un décalage très fort, une distorsion entre l'image du chevalier blanc - quelque chose entre l'Abbé Pierre, un moderne Docteur Schweitzer et Saint-Martin qui donne une partie de son manteau aux pauvres - et la réalité. [...] Sous sa blouse blanche, les Français n'ont pas vu qu'il avait un treillis militaire. Il est toujours partant pour la guerre et a une vision du monde très simplifiée, dans laquelle il y a toujours des bons et des méchants. »
Kouchner pas "illégal", mais "ambigu"
Pierre Péan répond aux arguments du ministre des Affaires Etrangères : « Kouchner se défend et dit "je n'ai jamais été dans l'illégalité" ; je vous défie de trouver dans mon livre le mot "illégalité". Je parle de "petits arrangements", de "libertés avec la morale républicaine"... il répond à une attaque que je n'ai pas portée. [...] Là où il y a une ambiguïté c'est quand il a 2 casquettes, une privée au nom de BK Consultants, et une publique en tant que Président du Groupement d'Intérêt Public, qui travaille sur les mêmes zones. On n'est pas dans l'illégalité, mais dans l'ambiguïté. Et les chefs d'Etats qui le reçoivent voient bien qu'il a 2 casquettes. Donc on peut estimer que ça a peut-être une relation sur la signature des contrats privés. »
Péan pas "jaloux", mais "en colère"
Alors que Bernard Kouchner semble convaincu d'être la cible d'une entreprise de déstabilisation, et parle même de "jalousie" à son égard, Pierre Péan rappelle pourquoi il a écrit ce livre : « Kouchner essaie de me pousser à dire que c'est un règlement de compte. Dans mon livre, j'explique tranquillement que ce sont ses positions sur le dossier Rwanda [qui m'ont poussé à écrire ce livre : il veut] se réconcilier à tout prix avec Paul Kagamé, un dictateur soupçonné par la justice française d'avoir monté un attentat qui a coûté la vie à deux Présidents africains et à trois Français, et qui est le facteur déclenchant d'un génocide. En oubliant que ce personnage tape sur la France, et accuse François Mitterrand et 3 anciens Premiers ministres d'être complices de génocide. Je trouve qu'il ne défend pas beaucoup son pays et les intérêts de ce dernier. »












