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Participation en baisse de deux points à midi aux régionales

Bureau de vote à Montpellier. La participation au premier tour des élections régionales françaises s'élevait à 16,07% à midi, en légère baisse par rapport au précédent scrutin de 2004. /Photo prise le 14 mars 2010/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Bureau de vote à Montpellier. La participation au premier tour des élections régionales françaises s'élevait à 16,07% à midi, en légère baisse par rapport au précédent scrutin de 2004. /Photo prise le 14 mars 2010/REUTERS/Jean-Paul Pélissier - -

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PARIS - Les électeurs français se rendent aux urnes pour le premier tour des élections régionales faisant figure de test pour la majorité à mi-mandat...

PARIS (Reuters) - Les électeurs français se rendent aux urnes pour le premier tour des élections régionales faisant figure de test pour la majorité à mi-mandat et pour l'opposition socialiste, qui espère remporter la totalité des 22 régions métropolitaines.

La participation s'élevait à 16,07% à midi, en baisse de deux points par rapport au précédent scrutin de 2004 où le taux était de 18,48%.

Les instituts de sondage ont dit s'attendre à une abstention record, près d'un électeur sur deux étant susceptible de bouder les urnes. Mais à la mi-journée, la participation était moins faible que prévu.

Lors des précédentes régionales de 2004, marquées par un raz-de-marée de la gauche sur les 26 régions françaises, l'abstention au premier tour avait atteint 37,9%.

Les bureaux de vote de métropole ont ouvert leurs portes à 8h00 et 44 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les 1.829 conseillers régionaux des 26 régions françaises, pour quatre ans: 1.671 en métropole (vingt-deux Régions) et 158 outre-mer (quatre Régions).

Les bureaux de vote sont ouverts jusque 18h00, sauf dans les grandes villes comme Paris ou Bordeaux (20h00) ou dans les villes moyennes (19h00).

Les conseillers régionaux sont normalement élus pour six ans mais ceux qui seront désignés ne seront installés que pour quatre ans en raison de la réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy.

En 2014, les Français voteront donc pour élire des conseillers territoriaux qui siégeront à la fois au titre du département et de la Région.

Majorité et opposition ont battu le rappel de leurs électeurs jusqu'au dernier jour de campagne, l'abstention menaçant en effet de brouiller les cartes.

Le Parti socialiste, qui ambitionne de réaliser le "grand chelem" en conquérant les deux seules régions encore à droite - Alsace et Corse -, craint de voir ses rêves d'une France "toute rose" contrariés par la démobilisation de son électorat.

Quant à la droite, qui mise sur l'union dès le premier tour avec des alliances allant du Mouvement pour la France du souverainiste Philippe de Villiers à La Gauche moderne de l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, elle en appelle au sursaut pour limiter les dégâts le 21 mars. Huit ministres partent à la bataille comme têtes de liste.

"NICOLAS SARKOZY NE S'ABSTIENDRA PAS"

La campagne qui s'est achevée vendredi soir, atone, a suscité le désintérêt, parasitée par les "affaires" - de la guerre entre le PS et Georges Frêche en Languedoc-Roussillon aux accusations de l'UMP contre la tête de liste dans le Val-d'Oise, Ali Soumaré, qui se sont révélées pour grande partie infondées.

Nicolas Sarkozy, qui se défend contre l'évidence de mener campagne, a appelé les électeurs de la majorité, dans une interview au Figaro Magazine, à participer au scrutin en saluant le programme "sage" des listes UMP face à "la frénésie fiscale qui s'est emparée des régions depuis six ans".

La gauche dénonce la confusion des genres d'un exécutif inquiet du verdict des urnes pour ce dernier test national avant l'élection présidentielle de 2012.

Elle met en garde contre un "troisième tour" synonyme de rigueur, ce que dément le président de la République, qui écarte en outre un remaniement gouvernemental notable.

"Nicolas Sarkozy, lui, ne s'abstiendra pas le 22 mars, il ne s'abstiendra pas de mettre en place la politique d'austérité qui nous est promise", souligne Benoît Hamon, le porte-parole du PS.

La participation pourrait faire la différence dans des régions où l'incertitude domine, comme en Alsace, dans le Centre, Bourgogne, Champagne-Ardenne ou Rhône-Alpes.

Les élections intermédiaires sont traditionnellement défavorables à la majorité en place et l'exécutif a pour seule ambition de ne pas subir pire scénario que celui de 2004.

La gauche avait alors ravi 13 régions à la droite. Les listes de gauche - le PS s'était allié avec les Verts et les communistes dès le premier tour - avaient recueilli 39,11% au premier tour contre 33,73% pour la droite parlementaire. Au second tour, le rapport était de 49,92% contre 36,84%.

Lors des élections européennes de juin 2009, le rapport était de 52/48% au niveau national en faveur de la droite.

En un mois, les intentions de vote en faveur du bloc de gauche sont passées de 51% à 52% alors que la droite perd deux points à 28%, selon un sondage CSA réalisé les 2 et 3 mars.

La droite ne pourra compter que sur d'hypothétiques reports de voix du Mouvement Démocrate de François Bayrou et/ou du Front national, qui escompte recouvrer une part de son influence passée pour provoquer des triangulaires au second tour.

Espérant tirer parti d'une dynamique à la hauteur du score surprise des européennes (16,28%), les Verts réclament de leur côté leur part de la victoire annoncée - notamment des vice-présidences dans les futurs conseils régionaux.

Quant au MoDem, qui s'effondre dans les sondages (4% à 5% au plan national), il refuse d'envisager la débâcle. Il avait recueilli 8,46% aux élections européennes.

Gérard Bon et Sophie Louet