Restaurants: vers une appellation "fait maison" obligatoire?

Sur les menus, les clients feront la différence entre les plats industriels et ceux "fait maison". - -
Le "fait maison", nouveau gage de qualité dans la restauration? Les députés ont voté jeudi le principe de cette appellation, afin qu'elle soit obligatoirement mentionnée pour tout plat "élaboré sur place à partir de produits bruts", dans le cadre du projet de loi sur la consommation.
Les députés UMP et PS ont bataillé ferme pour faire en sorte que ce ne soit pas une faculté, comme prévu par le gouvernement, mais une obligation. Dans les faits, la surveillance de l'application de cette mesure paraît cependant compliquée.
Selon le texte voté par les députés, les restaurateurs devront préciser sur leur carte ou tout autre support qu'un plat proposé est "fait maison". Une utilisation frauduleuse de cette mention pourra s'assimiler à une pratique commerciale trompeuse et être passible de sanctions pénales. Le texte doit maintenant passer entre les mains des sénateurs, puis revenir en seconde lecture à l'Assemblée nationale.
Les restaurateurs vont-ils apprécier?
"Il faut en finir avec l'assiette mystère!", a lancé le député PS Thomas Thévenoud. "Il s'agit de défendre les restaurateurs qui ne sont pas des réchauffeurs ni des assembleurs", a ajouté ce député de Saône-et-Loire, qui n'a pas manqué de parler du long mijotage du boeuf bourguignon.
Mais tous ne sont pas si satisfaits. Pour le député UMP Daniel Fasquelle, joint par BFMTV.com, il ne s'agit que d'une "demi-mesure", "un coup d'épée dans l'eau". "Je défends l'idée d'une appellation "restaurant", tout comme il existe l'appellation "boulangerie". Je voudrais que l'on voit ce titre dès l'extérieur, et pas après s'être assis en ouvrant le menu. Il serait réservé aux lieux qui cuisinent sur place. Il permettrait une vraie transparence, allant dans le sens de la gastronomie, mais aussi de l'emploi. Car pour cuisiner, il faut employer des gens!"
Repoussé en première lecture "à cause de la puissance des lobbies agro-alimentaires" selon le député, l'amendement sera redéposé en seconde lecture. De leur côté, les syndicats de la restauration n'ont pas encore fait connaître leur réaction.
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