BFM

La France rêvée de Serge Dassault

Que pourrait-il se passer si Serge Dassault était aux commandes de la France?

Que pourrait-il se passer si Serge Dassault était aux commandes de la France? - Jean-Pierre Muller - AFP

Serge Dassault fête ses 90 printemps ce samedi. A cette occasion, BFMTV.com a imaginé en cadeau, la France rêvée du sénateur, en se basant sur certaines des déclarations les plus polémiques de l'avionneur.

On ne compte plus les casquettes de Serge Dassault. Capitaine d'industrie, patron de presse, parlementaire, milliardaire, chasseur... Avec tous ces titres, les apparitions et mentions du PDG de Dassault aviation sont nombreuses dans le paysage français depuis au moins 1958. L'ancien maire de Corbeil-Essonnes qui fête samedi ses 90 ans a en effet souvent l'occasion de développer ses idées. Pour le meilleur et pour le pire. Sa ville lui a déjà offert en cadeau une rue, BFMTV.com propose de plonger dans la tête de Serge Dassault pour dégager quelques une de ses obsessions.

Une France sans homosexuels

Si les déclarations tonitruantes de Serge Dassault provoquent régulièrement la gêne à l'UMP, il est difficile pour le parti de la rue Vaugirard de mettre sur le carreau le patron du Figaro. Lors des débats sur le mariage homosexuel en 2012, certains ont donc dû faire le dos rond après ses déclarations à France Culture:

"Il n'y a plus de renouvellement de la population, à quoi ça rime? On veut un pays d'homos? Eh bien alors dans dix ans il n'y aura plus personne, c'est stupide" .

Et de prendre en exemple la Grèce: "Regardez dans l'Histoire, la Grèce, c'est une des raisons de sa décadence. C'est l'arrêt de la famille, c'est l'arrêt du développement des enfants, c'est l'arrêt de l'éducation. C'est un danger énorme pour l'ensemble de la nation, énorme."

Une France sans socialistes

"Les idées de gauche ne sont pas des idées saines. Nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent", expliquait-il au micro de France Inter, en 2004.

Une fois toutes les idées de gauche dans le même sac, on ne s'étonnera pas de ses positions sur le chômage, les acquis sociaux - pour qui c'est comme "élever ses enfants en leur donnant des bonbons" -, l'immigration, les impôts et évidemment François Hollande (à qui il fait néanmoins la bise et donne du "tu").

Une France qui prend soin des riches

Pendant la campagne présidentielle de 2012, en février, le milliardaire prédisait une sorte d'Apocalypse en cas de victoire des socialistes. Il estimait que les industriels qui n'avaient pas encore quitté la France à cause de l'impôt de solidarité sur la fortune le feraient bientôt à cause de François Hollande. Il qualifiait l'ISF de "catastrophe économique qui a fait partir des milliers d'industriels et qui vont encore essayer de partir maintenant parce qu'ils ont peur des socialistes", comme on peut le lire sur son site.

"Qui va faire la croissance, qui va faire les emplois, c'est pas les pauvres? Alors les riches c'est bien, faut les garder".

En septembre 2011, il expédiait dans détours la contribution exceptionnelle annoncée par le gouvernement Sarkozy et qui pourrait taxer à hauteur de 3% les revenus annuels supérieurs à 500.000 euros: "Ça ne sert à rien, ce n'est pas comme ça qu'on va régler le problème du déficit. C'est idiot et nul!"

Une France qui ne s'embarrasse pas du front républicain ou du "ni-ni"

Serge Dassault a dû se présenter quatre fois avant d'être élu maire de Corbeil-Essonnes en 1995. Pour se faciliter la tâche il avait négocié avec l'extrême droite qu'elle se retire en échange de trois places sur sa liste de l'industriel. Le RPR d'alors avait dû taper du poing sur la table pour qu'il se débarrasse des trois membres ou proches du Front national, selon Libération et Le Monde.

Une France un peu comme la Chine

Le 10 juillet 2008, il suggérait sur I-Télé d'une part d'encadrer la grève et particulièrement "d'interdire la grève politique", car "la grève est un cancer, la grève n'a pas à être lieu (sic)". "On a aujourd'hui un pays qui ne travaille pas assez", estimait le grand patron. Avant de s'embarquer dans une comparaison avec la Chine:

"Les Chinois, ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font des bons produits pas chers."

Une France des bons et des mauvais délinquants

Libération relatait en 1997 un déjeuner au cours duquel Serge Dassault considérait "anormal qu'un délinquant soit relâché par la justice lorsqu'il jette des pierres sur une voiture". Mais à l'inverse, il trouvait les magistrats trop sévères avec les patrons et les élus: "Il y a une exagération des inculpations politico-financières."

Rompu à la garde à vue comme il a pu en témoigner auprès de ses collègues sénateurs, il a pour sa part été condamné à plusieurs reprises et est toujours dans le viseur de la justice. En 1998 la justice belge le condamnait pour pour corruption. Il a été condamné en France à un an d'inéligibilité 2009 pour des "dons d'argent" qui ont pu "altérer la sincérité du scrutin" des élections municipales. Il a depuis été mis en examen pour "achat de votes", "complicité de financement illicite de campagne électorale" et "financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé". Et une enquête a été ouverte cette semaine au sujet de sommes qu'il aurait omis de déclarer à La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.