PACA: Estrosi et Maréchal-Le Pen se disputent l'électorat de droite

Christian Estrosi (LR), Sophie Camard (EELV), Christophe Castaner (PS) et Marion Maréchal-Le Pen (FN) le 21 octobre 2015 avant un débat TV à Marseille - Boris Horvat - AFP
C'est à se demander qui obtiendra la plus grosse part du gâteau. Au coude-à-coude loin devant la gauche dans les sondages en PACA, Christian Estrosi (Les Républicains) et Marion Maréchal Le Pen (FN) se disputent l'électorat de droite, convaincus que les "digues" qui contenaient le vote pour le Front National se sont estompées dans la région.
En PACA, "la gauche n'est plus qu'un acteur marginal et la concurrence principale est entre la droite et l'extrême droite", analyse le politologue Joël Gombin. "L'ancrage du Front national est tellement ancien et important que la porosité (entre ces électorats) joue dans les deux sens", ajoute-t-il.
Dans cette région où l'extrême droite dirige plusieurs municipalités, Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi font jeu égal dans les sondages, autour de 36% des voix au second tour.
Mais le Front National continue de grignoter l'électorat de droite, captant un cinquième des électeurs qui avaient voté Nicolas Sarkozy en 2012, et un quart de ceux qui avaient voté aux régionales de 2010 pour l'UMP de Thierry Mariani, alors opposé sur sa droite à Jean-Marie Le Pen, selon un sondage Ifop fin octobre.
"Le FN semble en terrain conquis"
"Les gens qui votaient socialistes ou UMP, maintenant, osent franchir le pas", s'enthousiasme Corinne Perez, conseillère d'arrondissement frontiste, à la chasse aux voix un samedi matin, dans le nord de Marseille.
Dans ses mains, une pile de dépliants ciblant le député-maire de Nice Christian Estrosi, dont le FN dénonce les accointances supposées avec des "islamistes" de sa ville. "Plus personne ne refuse nos tracts, on ne nous traite plus de 'fachos'", se réjouit-elle.
Autour de l'église de la Valentine, un quartier aux airs de bourg aisé, le FN semble en terrain conquis. Un bijoutier, qui arrive "à peine à payer ses taxes", opine lorsqu'on promet d'aider davantage les petites entreprises.
Plus loin, un agent immobilier, qui a toujours voté à droite, jamais FN, est tenté : "Jean-Marie le Pen me faisait peur, mais maintenant, je réfléchis".












