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Opération relooking extrême de François Hollande

BFM Christophe Jakubyszyn
François Hollande sur TF1 le dimanche 9 septembre

François Hollande sur TF1 le dimanche 9 septembre - -

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Cette semaine, on a assisté à une incroyable opération de communication politique… La transformation volontaire, préparée et mise en scène de François Hollande.

Je ne sais pas s’il y avait un nom de code pour cette opération ultra-secrète au sommet de l’Etat, mais à l’Elysée, ils ont fêté leur victoire. Opération réussie ! Quelle était cette opération, réussie, qui a fait retrouver le sourire aux conseillers du président ? L’opération « Transformation du président ». Transformer le président normal de la campagne en « super président ». A la télé, on dirait opération « relooking extrême ».
L’Elysée ne s’en cache plus : « le président normal c’est fini. C’était un truc de campagne, un truc par rapport à l’autre ». L’autre candidat, le candidat anormal, celui qui fait peur : Nicolas Sarkozy

Il y avait urgence car les Français commençaient sérieusement à s’inquiéter…

C’est vrai. La situation est grave, les chiffres de l’économie sont chaque jour plus mauvais et les Français ont eu l’impression cet été que personne n’était vraiment à la barre du bateau France. Le cœur de cette opération de transformation du président c’était donc sur TF1 dimanche soir. Un immense spot de publicité où tout avait été soigneusement préparé. Un spot de télévision diffusé à la plus forte audience, c'est-à-dire le 20h de TF1 dimanche soir. La nuit derrière François Hollande à 20h alors qu’à Paris le soleil était toujours des nôtres ? Information RMC. C’était une idée… de l’Elysée qui voulait solenniser le président, sur fond noir. Autre détail qui vous a peut-être échappé, mais qui n’a pas échappé à votre subconscient : le pavoisement du plateau en bleu blanc rouge. Le drapeau en incrustation dans le mur d’image. Discret mais très efficace. Le plateau de TF1 a pris ce soir-là une solennité particulière.

Et dans le discours ?

Apparemment oui. En tout cas c’est ce que les sondeurs semblent avoir dit à l’Elysée. Les sondeurs à l’Elysée ? Ça aussi ça ne vous fait pas tiquer ? Ils étaient censés avoir disparu. « L’Elysée ne commandera plus de sondages », avait dit le candidat François Hollande dans une interview au JDD le 15 avril. Hé bien ils sont de retour. Le président les reçoit lui-même. Et l’Elysée va commander des sondages avec un budget modeste et transparent mais un budget quand même.

Et est-ce que ça a fonctionné ?

Apparemment oui. En tout cas c’est ce que les sondeurs semblent avoir dit à l’Elysée. Les sondeurs à l’Elysée ? Ça aussi ça ne vous fait pas tiquer ? Ils étaient censés avoir disparu. « L’Elysée ne commandera plus de sondages », avait dit le candidat François Hollande dans une interview au JDD le 15 avril. Hé bien ils sont de retour. Le président les reçoit lui-même. Et l’Elysée va commander des sondages avec un budget modeste et transparent mais un budget quand même.

Pourquoi le président a-t-il voulu changer son image, son positionnement ?

Il y a sans doute eu une erreur d’appréciation au début. Pour François Hollande, sa connaissance de l’Elysée remonte à François Mitterrand. Or, le quinquennat a changé le rythme, l’inversion du calendrier aussi avec l’élection de la majorité qui découle de l’élection du président. Et puis, il y a eu aussi le développement de l’information en continu, des chaines d’info comme BFMTV aux radios d’information et de débats comme RMC. Bref, tout va plus vite et les Français se font une opinion plus vite

Président normal : un positionnement inadapté

François Hollande s’est rendu compte que son positionnement de campagne, le président normal, qui était là aussi de la communication par rapport à « l’autre » candidat, le candidat anormal, n’était plus adapté à la situation. Même quand il voyage, le président multiplie les entorses à la normalité du voyage en train. Depuis son retour de vacances, il s’est rendu à Evian en hélicoptère, et à Rennes en Falcon. Olivier Faure, nouveau numéro 3 du PS et qui connaît très bien François Hollande expliquait il y a quelques mois dans le livre que Laurent Binet a écrit sur la campagne de François Hollande : « Hollande, contrairement à Sarkozy ne change pas d’avis. Si vous avez eu l’impression qu’il vous a dit « oui » un jour et qu’en fait vous vous apercevez le lendemain que c’est « non », ce n’est pas qu’il a changé d’avis c’est qu’il vous a pris pour un con ».