Nous sommes tous des pigeons

Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20 - -
« Nous sommes des pigeons », a lancé le président d’un fonds d’investissement qui a réussi à créer un phénomène sur Internet, avec une page Facebook qui en quelques jours à des dizaines de milliers d’amis. Un mouvement spontané et marketing qui a d’ailleurs pris de vitesse les fédérations patronales officielles.
La CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) a réagi hier en lançant sa propre pétition contre la taxation des plus-values de cessions à 60%.
Et ce jeudi matin dans l’Express, Laurence Parisot parle même de « racisme anti-entreprise ».
Ont-ils raison de crier au secours ?
Au fond, ce que les entrepreneurs reprochent au gouvernement, c’est que désormais les revenus du capital soient mis sur le même plan que les revenus du travail. Quand ils parlent de 60% de taxation des plus-values de cession d’entreprise, en fait, les entrepreneurs additionnent le taux de 45% de la nouvelle tranche d'imposition pour la part des revenus dépassant 150 000 euros par an, auxquels ils ajoutent les 15% de prélèvements sociaux.
Ce qui peut apparaître comme une mesure de justice et d’égalité peut en effet avoir des effets pervers : car les plus-values sont souvent réinvesties dans d’autres investissements et ne sont donc pas assimilés à des revenus dans l’esprit des chefs d’entreprise.
Le problème c’est que les menaces de quitter le territoire, les petites phrases sur « on va être serré dans le Thalys » ou encore « ça va faire monter le prix de l’immobilier en Belgique », tout cela contribue à faire monter une ambiance de « lutte des classes » qui n’est bonne pour aucun Français.
Mais ce lobby fiscal apparemment ça marche…
Oui le gouvernement serait en train de céder. Les organisations patronales seront reçues ce jeudi après-midi à Bercy et on dit déjà que le gouvernement devrait lâcher du lest, notamment pour les entreprises du net.
Plusieurs régimes d'exonération seraient maintenus, notamment les plus-values de cession de l'entreprise d'un patron partant à la retraite. Et un abattement selon la durée de détention des titres devrait être mis en place plus rapidement que prévu.
Globalement les entreprises sont-elles matraquées fiscalement ?
Non, répond le gouvernement qui a déclenché la contre-offensive hier en faisant fuiter des informations dans le journal Le Monde sur la grande réforme du coût du travail que préparent Louis Gallois pour le gouvernement. Un transfert massif de charges patronales vers d’autres prélèvements, la CSG ou de nouvelles taxes écologiques.
On parle de 30 à 50 milliards d’euros sur les 5 prochaines années. Autant de charges en moins pour les entreprises. C’est bon pour la compétitivité, c’est bon pour l’emploi. Mais c’est une mauvaise nouvelle pour les contribuables qui devront mettre d’une manière ou d’une autre la main à la poche.
« Nous sommes nous aussi des pigeons » mais certains sont meilleurs en lobbying que d’autres…
Pour écouter les Coulisses de la Politique de Christophe Jakubyszyn du jeudi 4 octobre, cliquez ici












