NKM a-t-elle inventé le "koufarisme"?

La candidate Les Républicains à la primaire de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet - Joël Saget - AFP
Dans la lutte contre le terrorisme, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate Les Républicains de la primaire à droite défend une idée: l'interdiction du "salafisme politique". Dans une pétition publiée sur son site, elle évoque également les idéologies salafistes, dont... le "koufarisme".
Comme elle l'explique sur son site internet, la députée de l'Essonne demande l'interdiction du salafisme politique par le biais d'une pétition:
"Le terrorisme qui frappe avec horreur notre France depuis des mois, prospère sur un terreau fertile: les idéologies salafistes radicales telles que le koufarisme, le wahhabisme, le takfirisme ou le djihadisme."
Dimanche sur Twitter, des internautes ont fait remonter cette pétition, signalant au passage que le "koufarisme" n'existerait pas.
Le mot "koufar", lui, existe, il s'agit d'un terme arabe "désignant celui qui n'est pas croyant". Interrogée par Le Lab, Anne-Laurence Halford, psychologue de l'association niçoise de déradicalisation "Entr'autres", explique que le terme est utilisé mais ce n'est pas vraiment un mouvement religieux.
"Ce n'est pas un mouvement politico-religieux comme le wahhabisme. C'est plutôt l'expression d'une identité en rupture avec la nation. L'individu adhère à un mouvement qui l'engage à prôner une identité unique et à rejeter celui qui ne croit pas", explique la spécialiste. "Ce sont des attitudes comportementales, verbales".
Le terme est donc bien utilisé, mais dans un périmètre réduit. Jusqu'à présent, il a principalement été évoqué par le cas de la cellule niçoise. Selon l'entourage de la candidate, le mot "koufarisme" serait utilisé par des psychologues pour désigner un courant politique de l'islam.
Par ailleurs, parler des "idéologies salafistes radicales" relève du pléonasme. En effet, le salafisme désigne un "courant fondamentaliste de l’Islam, qui prône un retour à la religion pure des anciens en recourant à une lecture littérale des sources". Par essence, le salafisme est donc radical.












