BFM

Nicolas Sarkozy "ne renonce pas à convaincre" pour 2017

BFM P. P. avec AFP
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Invité de Des paroles et des actes ce jeudi soir sur France 2, Nicolas Sarkozy a assumé complètement, sans l’officialiser, un rôle de candidat à la primaire de droite. Ses projets, ses tacles envers Juppé, son volte-face sur le mariage gay: ce qu’il faut retenir de son intervention.

Pendant près de deux heures et demi, le président des Républicains s’est expliqué, ce jeudi soir, dans Des paroles et des actes sur ses erreurs, évoquant notamment son livre La France pour la vie sorti il y a dix jours et devenu numéro un des ventes avec près de 70.000 exemplaires écoulés. L'occasion également, pour Nicolas Sarkozy, d'exposer son projet pour la prochaine présidentielle et surtout tenter de convaincre coûte que coûte les Français. 

> Un coup de gueule contre le gouvernement

A peine l'émission débutée, l'ancien chef de l'État a tenu à exprimer un coup de gueule. Face à lui, un panel de Français issus de la société civile, mais aucun contradicteur politique.

"Il n'y a pas un seul ministre qui ait voulu débattre avec moi", s'agace-t-il, listant les membres du gouvernement qui ont décliné l'invitation de France 2: Emmanuel Macron, Marisol Touraine, Jean-Marie Le Guen, et l'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira.

> "Je ne renonce pas à convaincre"

Futur candidat à la primaire de la droite pour 2017, mais pour l'heure largement distancé dans les sondages par Alain Juppé, Nicolas Sarkozy espère reprendre la main, revigoré par les chiffres de vente de son livre.

"Je ne renonce pas à convaincre des gens qui vont au Front national parce qu’ils ont été déçus de tout le monde, y compris de moi", a déclaré l’ancien président de la République.

S’adressant aux Français insatisfaits, Nicolas Sarkozy s’est montré confiant. "On en reparlera en 2017, je vous convaincrai (…) Je veux aller vous chercher", leur a-t-il lancé.

> Ses tacles envers Juppé

Tout au long de l'émission, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité non plus à égratigner son principal adversaire à droite pour 2017: Alain Juppé. "Je l'ai connu en 1976 pour la première fois (...). Vous voulez une confidence, il a toujours 10 ans de plus que moi", a-t-il glissé, d’un ton moqueur.

"Juppé a fait une réforme en 1995. Il a dû la retirer en décembre. J'ai fait une réforme des retraites en 2010. Est-ce que je l'ai retirée?", s’est-il interrogé.

A l'issue de l'émission, 86.000 tweets ont bien été publiés, dépassant largement le "DPDA" avec Alain Juppé, 57.000 tweets. Mais seuls 36% des téléspectateurs, sondés par Harris Interactive, se disent "convaincus". Ils étaient 56% lors de la prestation du maire de Bordeaux en octobre 2014. "Ça marche ou ça marche pas, a conclu Nicolas Sarkozy, mais moi, j'ai tout donné ce soir."

> "On ne démariera pas" les couples gays

Concernant le mariage pour tous, Nicolas Sarkozy a repris la rhétorique adoptée dans son livre: assurer avoir compris ses erreurs. Au moment de son adoption en 2013, l’ancien Président avait fermement exprimé son mécontentement à la loi Taubira.

"Je suis né hétérosexuel, je n'en ai aucun mérite", a-t-il déclaré jeudi soir. Mais en ajoutant ensuite qu’il n’avait pas mesuré "la douleur qu'il y a derrière la question du mariage pour tous", a-t-il ajouté. "On ne démariera pas", a affirmé Nicolas Sarkozy.

Si le président des Républicains entend se montrer plus modéré sur le sujet, il ne souhaite pas non plus s’attirer les foudres des sympathisants de la Manif pour tous. Ce vendredi, Le Parisien évoque "les petits calculs de Sarkozy". Soucieux de se réconcilier avec les partisans anti-mariage gay, le patron des Républicains compte nommer Catherine Ginner, une élue proche de leur mouvance, comme déléguée nationale.