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Naturalisation : "On va fabriquer des Français en masse"

BFM S.A. avec AFP
Marine Le Pen

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La présidente du FN, Marine Le Pen a critiqué les mesures d'assouplissement des critères de naturalisation annoncées ce jeudi par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

La volonté du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, jeudi à Toulouse, de relancer les naturalisations d'étrangers en revenant sur les critères d'accession à la citoyenneté française instaurés par son prédécesseur Claude Guéant n’ont pas tardé à faire réagir l’aile droite de l’UMP et le Front national.

Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP à la sécurité, a jugé "dangereux" de "vouloir brader la nationalité française". Le député, soutien de François Fillon à la présidence du parti d'opposition, regrette un assouplissement des critères car, si "la France est un des pays les plus accueillants en matière d'immigration, […] ne peut pas être Français qui veut. La nationalité française doit se mériter".

Au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les critères d’obtention de la nationalité français avaient été renforcés et exigeaient notamment un certain niveau de langue, une connaissance minimale de l’Histoire et la signature d’une charte de "bon citoyen". Quelque 116.000 personnes ont été naturalisées en 2010, 87.000 en 2011 après le durcissement des conditions par Claude Guéant.

Ne pas "accueillir tous ceux qui ont été refusés ailleurs"

La déléguée générale de l'UMP Michèle Tabarot, qui soutient quant à elle Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP, a elle aussi exprimé son "indignation" vis-à-vis de cette "grande braderie de la nationalité française". Selon elle, "la gauche est en train de remettre en cause l'essence de l'intégration républicaine qui permet au terme d'un parcours exigeant de devenir Français".

L'ancien ministre UMP Christian Estrosi a dénoncé dans un communiqué "une circulaire qui supprime tout attachement à la Nation ou au mérite" avant de lâcher, "la France n'a pas pour vocation d'accueillir tous ceux qui ont été refusés ailleurs"

"Des tickets de métro"

De son côté, Marine Le Pen a fustigé sur France 24 une nationalité française donnée comme "des tickets de métro", plaidant pour un processus aux "conditions extrêmement sévères". La présidente du FN estime que "la nationalité française s'hérite ou se mérite".

"On va donc fabriquer des Français en masse ", a-t-elle martelé avant de poursuivre : "Ce qui est facteur d'intégration, c'est le travail", or "il y a cinq millions de chômeurs. Par conséquent, on va donner la nationalité à des chômeurs en puissance".