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Meetings non interprétés, traductions hasardeuses… les difficultés des malentendants à suivre la présidentielle

BFM P. P. avec Tanguy de Lanlay et Pierre-Emmanuel Bécet
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De présidentielle en présidentielle, les progrès sont minces. Les personnes sourdes et malentendantes réclament à nouveau une campagne électorale "plus accessible". Meetings, débats, clips, tous ne sont pas traduits. Et quand ils le sont, la transcription laisse à désirer.

"Mais le clou du spectacle qui fera le plus probable c'est une belle claque mpk…" Vous ne comprenez rien? Logique, ce sous-titre n'a pas de sens. C'est pourtant la seule chose à laquelle peuvent se raccrocher les sourds et malentendants qui veulent suivre en direct les meetings et les interventions télés des candidats à la présidentielle. Et ils sont nombreux: six millions de personnes, soit 10% de la population française.

Pour tenter d'y remédier, Solène Nicolas, une malentendante, a répertorié des exemples concrets: le clip de campagne de François Fillon ou encore une interview de Benoît Hamon au 20h de France 2, le 30 janvier dernier.

"Les sous-titres étaient décalés (…) Il y avait beaucoup de mots qui étaient approximatifs, voire très éloignés de leur sens d'origine", assure Solène.

En revanche, en plus d'avoir été le premier à expérimenter l'hologramme lors d'un meeting à Lyon (et Paris), Jean-Luc Mélenchon est l'un des seuls candidats à la présidentielle à proposer ses discours avec un sous-titrage "à la main" et une traduction réel en langue des signes.

Marine Le Pen visée

A l'inverse, Marine Le Pen a été pointée du doigt. L'association "Acces Cible", un mouvement qui se bat pour l'accessibilité en Français et en langues des signes, l'a interpellée le 5 février dernier, lors de son premier grand meeting de campagne à Lyon. Le discours de la candidate FN n'était ni sous-titré, ni interprété.

La fédération qui regroupe les associations de sourds et malentendants demande aujourd’hui une campagne "plus accessible", via les vidéos sur Internet mais également lors des meetings des candidats.

"On souhaite davantage de sous-titrage et de meilleure qualité, une transcription en temps réel des meetings, des boucles magnétiques et les interprétations en langue des signes afin que tout le monde ait un accès égal à l'information", revendique la malentendante, interrogée par BFMTV.

De plus en plus de chaînes TV assurent néanmoins le sous-titrage de leurs programmes, à l'instar de BFMTV. Des éditions, comme celle du Midi-15h, sont interprétées en langue des signes.