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Mariage pour tous : tensions à l’Assemblée nationale

BFM Mathias Chaillot avec Valentine Oberti
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Obstruction, motion référendaire : l’opposition a décidé de faire pression pour retarder, voire annuler, le projet de loi de mariage pour tous qui sera débattu par le Parlement le 29 janvier prochain.

Rentrée chargée pour les parlementaires, ce mardi. Si le projet de loi sur le mariage pour tous sera examiné dans l’hémicycle le 29 janvier prochain, le sujet est déjà discuté en commission avec grand bruit. Lundi, en Commission des affaires sociales, les députés UMP ont claqué la porte dès qu'il s'est agi de discuter du fond, jugeant le Parlement illégitime sur le sujet et réclamant un référendum. Si Christiane Taubira, la ministre de la Justice, a écarté l’hypothèse, l’estimant anticonstitutionnelle, l’opposition continue de le réclamer.

« Faire évoluer la position de nos collègues »

Christian Jacob, député de Seine-et-Marne et président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, compte même déposer une motion référendaire pour stopper l'examen du projet de loi et faire voter les députés pour ou contre l'organisation d'un référendum. « A partir du moment où vous avez 10% des députés qui la déposent, elle interrompt les débats. On verra à l’occasion du vote, qui n’est pas acquis pour le moment, mais on travaille pour. Moi, je ne désespère pas qu’on fasse évoluer la position d’un certain nombre de nos collègues. On sait qu’une partie des parlementaires de l’UDI la votera, et il n’est pas exclu qu’il y ait des parlementaires de gauche, peut-être que certains braveront ces interdits, on verra ».

« On gagnera un jour »

Même si la motion était adoptée, François Hollande ne serait de toute façon pas obligé de la suivre, même s’il peut y être contraint par une pression politique. C’est ce qu’espère Henri Guaino, le député UMP des Yvelines. Lundi, avec ses camarades de l'UMP, il a quitté la Commission des affaires sociales. « La seule stratégie possible, c’est la pression politique constante sur le président. Ce sont des manifestations, des débats dans les médias, les sondages, il faut faire bouger l’opinion, tout va compter. Peut-être que certains seront tentés par l’obstruction, mais on gagnera un jour, ça n’a aucun sens. Le texte sera voté, c’est clair : s’il n’y a pas de référendum, la cause est entendue ».

« 300 amendements d’obstruction »

Ce mardi, c'est la Commission des Lois qui examine le projet, une étape indispensable avant l'examen par tous les députés puisque c’est le texte voté en commission qui sera ensuite examiné dans l’hémicycle. Et le travail s’annonce considérable : 507 amendements ont été déposés. « Sur les 500 amendements, il y en a 300 d’obstruction, regrette Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère. Quand je vois le même amendement décliné plusieurs dizaines de fois, signé par plusieurs dizaines de députés différends, j’ai finalement tendance, en ayant été député de l’opposition pendant cinq ans et en ayant pratiqué ce genre d’exercice, à reconnaître une obstruction parlementaire. Ça me parait légitime, ce sont les pouvoir de l’opposition que tenter de ralentir le moment où le texte sera voté, car l’opposition sait qu’à ce moment, la majorité sera… majoritaire ».