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Mamère sur le cannabis: «La prohibition n'empêche pas la consommation»

BFM Mathias CHAILLOT
Noël Mamère, ce mardi sur RMC/BFMTV

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Noël Mamère était invité sur RMC et BFMTV ce mardi. Le député de Gironde a appelé à l’ouverture d’un débat et à une dépénalisation du cannabis. Selon lui, la prohibition entraîne du trafic qui permet d'acheter la paix sociale dans certains quartiers.

Invité sur RMC et BFMTV ce mardi matin, Noël Mamère a défendu Vincent Peillon, pourtant recadré par le Premier ministre après ses propos sur la dépénalisation du cannabis. « L’erreur que nous commettons, la gauche et la droite, c’est de refuser d’avoir un vrai débat, estime le député de Gironde. Il y a une loi de 1970, complètement dépassée. La prohibition telle qu’elle est appliquée aujourd’hui entraîne du trafic qui permet d’acheter la paix sociale dans un certain nombre de quartiers, mais qui n’empêche pas la consommation, car la France est le pays d’Europe où la consommation est la plus grande ». Selon lui donc, même en tant que ministre de l’Education, Vincent Peillon était « dans son rôle. Pourquoi n’aurait-il pas le droit de le faire ? Il s’agit d’une question d’éducation et de prévention ».

« Des drogues légalisées : le tabac et l'alcool »

Le maire de Bègles milite donc pour une « légalisation progressive » plutôt qu’une simple dépénalisation. « La réalité aujourd'hui, c’est qu’il y a des drogues légalisées, le tabac et l'alcool. Les accidents d'automobile sont dus à la vitesse et l’alcool ! Regardons les conséquences du cannabis sur la santé des Français et le trou du budget de la Sécu, et comparons avec les conséquences du tabac et de l’alcool, après nous discuterons. Les gens sont libres de se tuer ou de se protéger, vous pouvez mettre toutes les prohibitions que vous voulez », estime-t-il, avant de comparer avec la prohibition aux Etats-Unis : « L'alcoolisme n'a jamais été aussi fort qu'au moment de la prohibition ».
Noël Mamère estime aussi que plus l’interdit sera levé, plus le trafic qui gangrène les quartiers disparaîtra. « En Hollande, depuis que les coffee shops sont réduits dans leur activité car les consommateurs doivent s’inscrire, le deal a considérablement augmenté, car les gens ont peur d’être fichés. Qu’est-ce qu’on veut ? Que les problèmes se règlent à la kalachnikov, comme à Marseille ? »

« On ne tiendra pas l'objectif des 3% »

Enfin, Noël Mamère a abordé d'autres sujets, tels que le projet de loi de finances 2013. Il affirme qu’il ne croit pas à l’objectif du retour à un déficit de 3% du PIB. « On ne le tiendra pas, estime-t-il. Je pense qu'on ne le tiendra pas. Ce n'est pas moi qui le dis, de grands économistes nous disent que c'est impossible ». Le député maire de Belges votera toutefois le texte. « Plus on tournera la vis, plus l'austérité va s'installer. Mais je vais voter le budget quand même, parce qu'il remet en cause les cadeaux fiscaux faits par Sarkozy, donc plus d'équité et plus de justice. Ce budget met plus à contribution les plus riches et les grosses entreprises ».