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Macron: contre la contestation sociale, la stratégie de la saturation

BFM Louis Nadau
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - LUDOVIC MARIN / AFP

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Emmanuel Macron et le gouvernement multiplient les annonces de réformes avec un triple objectif: saturer l'opposition, donner l'image d'un président réformateur et préparer la seconde moitié de quinquennat.

Noyer l'opposition, qu'elle tonne dans l'Hémicycle ou batte le pavé. L'exécutif a, pour cette rentrée, adopté la stratégie du "tapis de bombe", consistant à ouvrir plus de fronts que ce qu'Insoumis, socialistes et Républicains n'ont de troupes pour les garnir. 

"Effet blast"

ISF, logement, suppression du régime social des indépendants, université, apprentissage, assurance chômage, formation, retraites... la liste des chantiers annoncés par le gouvernement est vertigineuse. Elle permet, du même coup, d'écraser les réfractaires sous une pile de dossiers tout en façonnant l'image d'un président en action, contrairement à ceux qui, d'après Emmanuel Macron, "n'ont rien fait depuis quinze ans".

Il s'agit, résume l'éditorialiste Nicolas Beytout dans L'Opinion, "d'enfouir les images des manifestations contre les ordonnances Pénicaud sous des piles d’interviews ministérielles, de promesses renouvelées, et de reportages édifiants sur la visite d’Emmanuel Macron aux sinistrés des Antilles".

"Macron adore l'effet blast", confie au Parisien l'entourage du chef de l'Etat. Une conception radicale de la réforme à coup d'effet de souffle, justifiée selon le gouvernement par une exigence d'efficacité.

"Il y a un très grand nombre de chantiers ouverts, reconnaît Matignon, toujours dans Le Parisien. Nous assumons d'engager de grands mouvements pour relancer une dynamique de l'emploi." 

Plan quinquennal

Peu importe si les indicateurs de popularité sont dans le rouge, il s'agit d'agir "tant que l'on a l'élan de l'élection présidentielle", détaille une huile de la majorité. Car un second quinquennat est en ligne de mire: "Il faut aller vite, car les résultats mettent trois ans à arriver", prévient le même macroniste.

Le timing du quinquennat est donc serré, et Emmanuel Macron en est lui-même conscient. Fin août, Le Monde rapportait ainsi ces propos privés du locataire de l'Élysée:

"Les transformations profondes, elles prennent des années, c’est dans les dix-huit à vingt-quatre mois qu’on fait cette transformation. Ce n’est pas vrai qu’on bouscule un pays en cent jours."

Une défaite aux sénatoriales de septembre pourraient, en ce sens, être une épine dans le pied de l'exécutif. La chambre haute pouvant jouer la montre et lancer une guérilla parlementaire face à la blitzkrieg gouvernementale.