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Limitation du temps de parole des députés: furieuse, l'opposition boycotte les débats

BFM Salomé Vincendon avec AFP
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Depuis lundi, les discussions concernant la réglementation du temps de parole des députés tournent à l'affrontement entre la majorité et les députés de l'opposition. Ces derniers ont décidé de boycotter les débats à l'Assemblée.

Les groupes d'opposition à l'Assemblée ont décidé mercredi de boycotter les débats sur la réforme du règlement de l'Assemblée, dénonçant la "menace" sur l'expression démocratique des parlementaires. Ils visent notamment l'article 8, qui propose de limiter à cinq minutes et à un orateur par groupe le temps de parole lors de la discussion générale sur un texte.

Après plus de trois heures de débats acharnés, d'éclats de voix, d'amendements de suppression, de rappels au règlement, de suspensions de séance et de tractations, il a été adopté dans la nuit de mardi à mercredi. L'opposition avait alors quitté l'Assemblée en signe de protestation, plusieurs élus accusant la majorité de vouloir "museler l'opposition".

Une "décision collective" pour porter "la voix démocratique"

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LaREM) a donc indiqué que les députés allaient de nouveau voter mercredi en fin de journée.

Un amendement de Sylvia Pinel (Libertés et territoires), rejeté dans la nuit de mardi à mercredi, a ainsi été remis aux voix mercredi. Il prévoit cinq ou 10 minutes de temps de parole pour chaque groupe politique ainsi que pour un député n'appartenant à aucun groupe, dans les discussions générales sur les textes de loi. Ce temps serait fixé par la conférence des présidents de l'Assemblée.

Mais coup de théâtre mercredi: les groupes d'opposition ont annoncé un boycott des débats dans l'hémicycle sur ce texte. C'est une "décision collective" pour porter "la voix démocratique", a lancé Philippe Gosselin (LR) lors d'une conférence de presse en présence d'élus PS, PCF, LFI et UDI.

Par cette réforme, "on nous empêche de porter la voix du peuple", a affirmé André Chassaigne (PCF) tandis que le groupe PS a refusé la "démarche d'autorité" menée par la majorité, plaidant qu'elle a "gagné dans les urnes le droit de gouverner, pas celui de nous faire taire". 

Proposition soumise le 4 juin

Concomitamment, la séance a repris dans un hémicycle dégarni sous la présidence de Richard Ferrand, égrenant à toute allure des amendements "non défendus". Seul le groupe d'opposition Libertés et Territoires était en séance avec la majorité, prête à siéger jusqu'à vendredi soir, jeudi de l'Ascension compris. Mais cela ne s'est pas révélé nécessaire car les discussions sur la réforme du règlement, considérablement écourtées, se sont achevées en début de soirée mercredi

Et surprise de dernière minute: le président de l'Assemblée a remis au vote la disposition sur les temps de parole, alors que les oppositions étaient absentes. 

La proposition de réforme, qui doit entrer en vigueur en septembre, sera soumise au vote le 4 juin. L'opposition espère une censure du Conseil constitutionnel: selon Sébastien Jumel (PCF), les Sages veillent à ce que le règlement "ne soit pas uniquement fait pour la majorité".