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Lien entre l'Etat et l'Eglise: Taubira répond à Macron

BFM J.C.
L'ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira.

L'ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira. - AFP

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Le 9 avril dernier, Emmanuel Macron disait vouloir "réparer le lien" entre l'Etat et l'Eglise. "Quel lien?", répond aujourd'hui l'ancienne ministre de la Justice, estimant que le devoir du chef de l'Etat est de ne pas mettre de "subjectivité" dans les rapports entre les deux institutions.

Le 9 avril dernier, Emmanuel Macron lançait devant la Conférence des évêques à Paris vouloir "réparer" le lien entre l'Eglise et l'Etat. Un lien qui "s'est abîmé" selon le chef de l'Etat au fil des ans. "Réparer quoi?, interroge ce jeudi sur France Inter Christiane Taubira. Le lien abîmé? Déjà je ne comprends pas le lien entre l’Eglise et l’Etat. Nous sommes dans un état laïc qui reconnaît toutes les religions."

"En quoi j’aurai 'abîmé' le lien entre l’Etat et les religion?, poursuit-elle. (...) nous sommes dans un état laïc et un état laïc doit tenir à bonne distance les religions. Lorsque nous modifions le code civil pour assurer l’égalité des droits entre des catégories de Français, l’opinion de l’Eglise reste une opinion religieuse, le clergé reste le pouvoir de l’Eglise mais le clergé ne peut pas avoir d’influence sur l’organisation des droits et des devoirs."

Savoir "ce qui est juste"

Dans cette intervention d'Emmanuel Macron devant la Conférence des évêques, certains y ont vu une référence au ressenti de nombreux catholiques qui s'étaient opposés au mariage pour tous dont la loi, portée par l'ancienne Garde des Sceaux, a été promulguée sous le dernier quinquennat.

"Je ne suis pas nombriliste donc je ne pense pas que toute parole prononcée me concerne. Je ne pense pas être dans le viseur du président de la République", avance Christiane Taubira avant de rappeler que lors de la campagne présidentielle, l'actuel chef de l'Etat avait estimé que les catholiques avaient été "humiliés" par l'ancien gouvernement.

"Si la religion se sent froissée c’est son droit, mais il y a beaucoup de croyants qui ne sont pas froissés qu’on reconnaisse l’égalité des droits pour les personnes homosexuelles et la même protection pour toutes les familles", lui rétorque l'ancienne ministre.

Estimant que l'Etat ne doit pas mettre de "subjectivité" dans ses relations avec la religion, elle rappelle sa seule obligation "d'assurer le libre-exercice du culte". "La question n’est pas de savoir si on froisse des personnes, la question est de savoir ce qu’est le droit et ce qui est juste", a conclu Christiane Taubira.