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Suspension de la réforme des retraites: le groupe LR divisé lors du vote à l'Assemblée nationale

BFM Baptiste Farge
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25 députés de LR ont voté pour la suspension de la réforme des retraites, huit contre et neuf se sont abstenus. Un résultat qui rappelle les divisions existantes au sein du groupe au moment de l'examen du texte porté par Élisabeth Borne.

Parfois dépeints comme des "auto-entrepreneurs", qui agissent en toute liberté, car ils ne doivent leur élection qu'à eux-mêmes, les députés Les Républicains ont fait honneur à cette réputation ce mercredi 12 novembre.

La quarantaine d'élus composant le groupe de droite s'est largement divisée sur la suspension de la réforme des retraites jusqu'à janvier 2028, mesure adoptée par l'Assemblée nationale mardi dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Parmi les 42 députés du groupe Droite Républicaine (qui compte 46 membres) ayant pris part au vote, huit se sont prononcés pour cette disposition, qui revient à stopper temporairement la mise en application progressive du relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans et du nombre de trimestres à cotiser.

Un vote pour qui va à l'encontre de la vision de leur président de groupe Laurent Wauquiez qui a jugé à la tribune "illusoire" la suspension de la réforme des retraites et de celle du président de leur parti, Bruno Retailleau, qui a estimé que cette suspension est une "capitulation".

Neuf abstentions, 25 votes pour

Certains de ces parlementaires (Julien Dive, Ian Boucard, Fabrice Brun...) s'étaient distingués en combattant la réforme Borne en 2023, à rebours de la position officielle de leur parti. Ils avaient voté la motion de censure contre la Première ministre - qui s'était jouée à neuf voix près - après que cette dernière avait déclenché l'article 49.3... Faute de pouvoir compter sur un appui suffisant de LR.

Deux autres députés de droite (Fabien Di Filippo, Jean-Pierre Vigier) qui avaient voté pour le renversement du gouvernement ont choisi de s'abstenir, au même titre que sept de leurs collègues. Aurélien Pradié, ex-député LR désormais non-inscrit, qui avait mené l'opposition interne contre la réforme des retraites, a également opté pour l'abstention.

Enfin, plus de la moitié des votants (25 députés) se sont opposés à la suspension. L'ex-Premier ministre Michel Barnier est de ceux-là tout comme Laurent Wauquiez. En 2023, ce dernier, alors président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avait brillé par son absence dans le débat public, se contentant de soutenir la réforme du bout des lèvres.

Au total, la suspension de la réforme des retraites a recueilli 255 suffrages pour et 146 contre. La mesure a notamment été approuvée par les socialistes, qui ont négocié cette concession en échange d'une non-censure du gouvernement, la plupart des députés écologistes, ainsi que le Rassemblement national.

Du côté de l'ex-majorité présidentielle, Renaissance ainsi que le Modem se sont majoritairement abstenus, même si le groupe centriste s'est lui aussi bien divisé ( 11 pour, 1 contre, 18 abstentions).

Enfin, La France insoumise a voté contre la suspension, parlant d'un "décalage" qui reviendrait à "voter pour la retraite à 64 ans". Les communistes ont également fait ce choix. De même, pour des raisons différentes, que le groupe Horizons, parti d'Édouard Philippe, et l'UDR, la formation d'Éric Ciotti, favorables à la réforme Borne. Et donc de LR, qui a privilégié cette option en dépit de ses divisions.