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Le gouvernement prépare un cocktail fiscal

BFM Christophe Jakubyszyn
Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20

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On parle beaucoup, en ce moment du budget 2013, des nouveaux impôts, des nouvelles cotisations… Mais c’est un véritable budget bis qui se prépare déjà et qui sera annoncé dans un mois avec, à la clé, un véritable cocktail fiscal.

Et une grande conférence de presse du président de la République à la mi-novembre pour expliquer aux Français la révolution fiscale et sociale qu’il va leur proposer. « Sarkozy en a rêvé, Hollande l’a fait » : c’est peut-être ce qu’on dira dans quelques semaines.
Le président de la République est en tout cas déterminé à baisser massivement le coût du travail en France pour notamment nous remettre en situation de compétitivité face à l’Allemagne.
Mais là où Nicolas Sarkozy voulait une TVA anti-délocalisation de 13 milliards, François Hollande vise lui 40 à 50 milliards d’euros pour que l’impact sur le coût du travail soit vraiment significatif.

Cela veut dire 40 à 50 milliards d’impôts supplémentaires ?

Comment vous dire… Oui ! Alors attention, en parallèle, les cotisations sociales sur les salaires vont baisser, mais au final il y aura des gagnants et des perdants. Le Monde révélait il y a deux jours cette somme de 40 milliards d’euros de transfert à l’horizon 2017, un transfert progressif étalé sur 4 ou 5 ans. Mais pas le « cocktail fiscal » dont je vais vous parler.
Car une première réunion d’arbitrage entre ministres a eu lieu mercredi à Matignon. Ordre du jour : comment trouver 40 milliards pour compenser les baisses de cotisations sociales sur les salaires. Figurez-vous qu’on s’achemine vers une répartition de cette somme à trouver sur la CSG, la fiscalité ecologique, autrement dit la TIPP, les taxes sur l’essence et… la TVA !

Le gouvernement vient pourtant de renoncer à la hausse de TVA prévue par le gouvernement Fillon…

Oui, car le gouvernement refuse une hausse uniforme de la TVA qui pénaliserait directement le pouvoir d’achat de tous les Français. Une confidence… les oreilles des restaurateurs ont dû siffler mercredi après-midi lors de la réunion à Matignon. Je sais que beaucoup vont réagir ce matin, mais le taux réduit de TVA pour la restauration est en effet de nouveau dans le collimateur : 3,5 milliards d’euros, que voulez-vous, ça fait envie. Alors je ne dis pas que le gouvernement va augmenter leur TVA à 19,6% tout de suite mais peut-être par étape.
Et puis autre possibilité, le retour de la super TVA pour les nuitées dans les hôtels de luxe. Une idée d’ailleurs envisagée par le gouvernement Fillon mais abandonnée sous la pression.
Et puis, ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde : la fiscalité écologique est de retour. On ne va pas inventer une usine à gaz, une nouvelle taxe, la fiscalité écologique sera tout simplement la hausse des taxes sur l’essence et notamment sur le diesel, dont on parle beaucoup depuis quelques semaines avec les fameuses particules fines.

On imagine que les Français vont gronder…

Oui, forcément ça va tanguer. Alors encore une fois, en parallèle les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires vont baisser. Ce qui veut dire que le coût du travail va fortement chuter, ça veut dire moins de chômage, plus d’emplois et donc forcément c’est une bonne nouvelle.
Mais toute la question est de savoir si on baisse uniquement les cotisations patronales pour les rendre plus compétitives, ou si on baisse aussi les cotisations salariales de manière à augmenter le salaire net et ne pas décourager les Français qui devront payer une part importante des nouvelles taxes. Et ça, c’est une autre bataille que se livrent les syndicats de salariés et de patrons. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle Laurence Parisot est l’invitée d’RMC ce vendredi à 8h35.

Pour écouter les Coulisses de la Politique de Christophe Jakubyszyn du vendredi 5 octobre, cliquez ici