Le gouvernement dévoile son plan anti-GHB à la veille de la réouverture des discothèques

"Frappons un grand coup, il est temps d'agir, on doit pouvoir faire la fête en toute sécurité", a lancé le président de la branche nuit de l'Umih (l'Union des métiers de l'hotellerie) au Parisien. À l'occasion de la réouverture des discothèques ce mercredi, le gouvernement et les acteurs du monde de la nuit ont décidé de s'emparer des problèmes de viols et d'agressions sexuelles après avoir été drogué au GHB, alors que les témoignages se sont multipliés sous le hashtag #BalanceTonBar ces derniers mois.
Dans les colonnes du quotidien francilien et sur BFMTV ce mardi, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa a ainsi présenté le plan gouvernemental de lutte contre le GHB qui va être lancé à l'échelle nationale mercredi. La ministre se rendra ce mardi à 17 heures dans une discothèque pour présenter ce plan sur le terrain.
"Il faut renverser la honte"
Le GHB, c'est cette drogue inodore et incolore aux propriétés sédatives, anxiolytiques et euphorisantes. Celle-ci est surnommée "la drogue du violeur" car elle est devenue une arme des prédateurs sexuels, qui l'administrent à leurs victimes par voie orale, en la glissant discrètement dans leurs verres.
"C'est une première en France", s'est félicitée Marlène Schiappa dans les colonnes du journal. "Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup d'appels à l'aide. Nous voulons sortir de la solitude les victimes droguées à leur insu, il faut renverser la honte".
Deux campagnes parrallèles vont être menées, a détaillé la ministre au micro de BFMTV. "D'une part, une campagne de communication lancée par la mairie de Paris. Et d'autre part, un plan anti-GHB lancé par le ministère de l'Intérieur avec l'Umih (l'Union des métiers de l'hotellerie), notamment leur branche nuit".
Un QR code à flasher pour alerter la police
D'abord, des affiches oranges vont être déployées dans les toilettes des bars et discothèques françaises, sur lesquelles il sera inscrit: "Ton ami(e) a été drogué(e)?", "Tu penses avoir été drogué(e)?".
"Il y aura un QR code à flasher pour alerter la police et la gendarmerie", a expliqué Marlène Schiappa sur notre antenne, "y compris pour les amis de personnes ayant été droguées au GHB à leur insu".
Une discussion instantanée sera ainsi lancée avec un membre des forces de l'ordre. "Peu importe l'heure, le chat gratuit peut être activé jour et nuit, sans décliner son identité", précise la ministre.
Pourquoi placarder ces affiches dans les toilettes? "Parce que c'est le moment où on est isolé dans les bars ou les discothèques, et parfois on retrouve d'ailleurs des personnes inconscientes à ce moment-là", a fait valoir la ministre.
Prélèvements systématiques, formations...
Ensuite, la ministre a demandé aux forces de l'ordre de rendre systématique le déclanchement du "protocole viol", c'est-à-dire les prélèvements toxicologiques des victimes inconscientes conduites à l'hôpital. Les prélèvements ADN et l'isolement des vêtements deviendront eux-aussi la règle, afin de retrouver la trace de l'agresseur, qui risque cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.
"Le GHB est un produit terrible qui vous anesthésie et qui fait perdre la mémoire", a justifié Marlène Schiappa, "donc vous avez des gens qui ne se souviennent plus exactement, ça a des effets similaires à ceux de la gueule de bois. C'est inodore, incolore, ça se dissout dans votre verre et ça a des conséquences extrêmement graves".
Enfin, des formations vont être proposées aux professionels des métiers de la nuit, qui se sont tournés "d'eux mêmes" vers le gouvernement afin d'être formés et accompagnés sur ce sujet. "On va développer des formations dans tous les départements. Parce que la brigade des stups ou les forces de l'ordre ont un savoir-faire pour reconnaître le comportement de quelqu'un qui vient de droguer une personne", a ainsi indiqué Marlène Schiappa.












