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Le Front national fait encore mentir les sondages

En mesure de maintenir 12 listes dimanche prochain, le Front national de Jean-Marie Le Pen a une nouvelle fois fait mentir les sondages au premier tour des élections régionales dimanche, même s'il n'a pas retrouvé son niveau de 2004. /Photo prise le 14 ma

En mesure de maintenir 12 listes dimanche prochain, le Front national de Jean-Marie Le Pen a une nouvelle fois fait mentir les sondages au premier tour des élections régionales dimanche, même s'il n'a pas retrouvé son niveau de 2004. /Photo prise le 14 ma - -

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PARIS - En mesure de maintenir 12 listes dimanche prochain, le Front national a une nouvelle fois fait mentir les sondages au premier tour des...

PARIS (Reuters) - En mesure de maintenir 12 listes dimanche prochain, le Front national a une nouvelle fois fait mentir les sondages au premier tour des élections régionales dimanche, même s'il n'a pas retrouvé son niveau de 2004.

Sa présence annoncée au second tour en Champagne-Ardenne, Centre et Franche-Comté nuira en outre aux espoirs de reconquête de ces régions par la droite et lui compliquera les choses en Alsace, une des deux seules présidences conservées par l'UMP il y a six ans.

"Les électeurs français ont remis clairement le Front national dans le jeu politique", a déclaré sa vice-présidente Marine Le Pen, qui a talonné la liste majorité présidentielle de Valérie Létard pour la deuxième place en Nord-Pas-de-Calais avec près de 20% des suffrages.

Elle s'est même payé le luxe de la devancer dans le département du Pas-de-Calais.

Jean-Marie Le Pen, son père, recueillerait pour sa part environ 20% des voix en Provence-Alpes-Côte d'Azur, un résultat qui n'est pas de bon augure pour le prétendant UMP local, le député Thierry Mariani.

Crédité d'un score global proche de 12% des voix, le Front national, qui avait perdu depuis trois ans beaucoup d'électeurs attirés par Nicolas Sarkozy, se situait entre 8,5% et 9% dans les derniers sondages avant le scrutin.

Cette performance le situerait près de trois points en dessous de 2004, où il avait pu imposer, avec 14,7% des suffrages, des triangulaires dans 17 régions, mais nettement au-dessus des précédents scrutins de la présidence Sarkozy: 4,85% aux municipales et cantonales de 2008, et 6,34% aux Européennes de juin 2009.

"BEAUCOUP PROMIS, PEU TENU"

"Si personne n'est propriétaire de ses électeurs, c'était une erreur de penser qu'ils resteraient fidèles au président de la République qui, lui, n'a pas été fidèle aux promesses qu'il leur avait faites", a déclaré à Nice Jean-Marie Le Pen.

"Il a beaucoup promis, il a peu tenu", a ajouté le vieux leader frontiste qui, à 81 ans, mène sans doute sa dernière campagne.

Les électeurs ont "exprimé leur exigence de sécurité, leur désir de voir respecter leur identité et réguler la mondialisation qui ruine notre économie", a indiqué de son côté Marine Le Pen.

Son bon score devrait conforter ses chances de succéder à son père quand celui-ci décidera de passer la main. Son principal adversaire, Bruno Gollnish, est crédité d'environ 14,5% des voix en Rhône-Alpes, soit près de quatre points de moins qu'en 2004.

Jean-Marie Le Pen s'est fait fort de souligner que le Front national avait fait campagne avec des petits moyens, la trésorerie du parti étant exsangue à la suite d'un différend avec son ancien trésorier et financier, Fernand Le Rachinel.

Ce dernier, qui a obtenu de la justice que le FN lui rembourse des sommes conséquentes, combat également le parti sur le terrain. Avec près de 4% des voix, sa liste dissidente a privé le FN d'une présence au deuxième tour en Basse-Normandie, où il a dû se contenter de 8,70%.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse