La gauche veut gagner partout, la droite lutter jusqu'au bout

A trois jours du second tour des élections régionales, qui devrait confirmer l'embellie à gauche, socialistes et écologistes songent déjà à 2012 tandis que Nicolas Sarkozy, inflexible, intime l'ordre à sa majorité de se battre jusqu'au bout. /Photo prise - -
PARIS (Reuters) - A trois jours du second tour des élections régionales, qui devrait confirmer l'embellie à gauche, socialistes et écologistes songent déjà à 2012 tandis que Nicolas Sarkozy, inflexible, intime l'ordre à sa majorité de se battre jusqu'au bout.
L'entre-deux-tours, dominé par la pacification à gauche et l'acrimonie à droite, instille aussi sa dose de psychodrame au centre où Corine Lepage a annoncé mercredi sa démission du Mouvement Démocrate.
Le premier tour des élections régionales a signé la débâcle du mouvement de François Bayrou (4,3% au plan national), qui ne s'avoue pas pour autant vaincu.
Corinne Lepage, ex-présidente du MoDem, accuse le "troisième homme" de la présidentielle de 2007 de poursuivre sa seule ambition personnelle avec 2012 pour prochaine échéance.
L'ancienne ministre de l'Ecologie d'Alain Juppé se dit prête à travailler avec Europe Ecologie, qui a confirmé son statut de troisième force politique du pays et s'est allié à la gauche dans toutes les régions métropolitaines pour le second tour, sauf en Bretagne.
Sept duels droite-gauche, 17 triangulaires et une quadrangulaire (en Corse) marqueront le second tour dimanche.
La gauche concentre ses efforts sur le bastion de la droite, l'Alsace, "la mère de toutes les batailles" selon l'ancien premier secrétaire du PS François Hollande, et la Corse, seules régions métropolitaines encore détenue par la majorité.
En Alsace, la liste de gauche du socialiste Jacques Bigot, allié aux écologistes, devance d'un point (44%) la liste de la majorité conduite par l'UMP Philippe Richert (43%), selon un sondage CSA publié dans Le Parisien. Le Front national est crédité de 13% des intentions de vote dans cette triangulaire.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, s'est rendue mercredi en Corse pour exhorter les électeurs à voter pour un "grand changement".
"APRÈS, ON VERRA"
Le Premier ministre François Fillon, qui se rend en Alsace jeudi, est attendu vendredi sur l'île, où s'affronteront une liste d'union de la gauche, une liste UMP, une liste de nationalistes modérés et une liste d'indépendantistes.
L'objectif de la gauche, "c'est de gagner partout", a déclaré le porte-parole du PS, Benoît Hamon, sur France Info.
Une opposition qui, tout en se mobilisant pour le "grand chelem" espéré le 21 mars, pense déjà aux lendemains.
Daniel Cohn-Bendit, fondateur d'Europe Ecologie, a ouvert le débat sur la présidentielle de 2012 en souhaitant que le mouvement écologiste participe aux primaires à gauche en vue de la désignation d'un candidat unique.
Benoît Hamon a reconnu que le partenariat rose-vert-rouge avait vocation à s'approfondir en vue de l'"échéance importante" de 2012.
Signe que beaucoup reste à faire sur la voie de l'unification, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a estimé sur i>Télé qu'une candidature commune de la gauche dès le premier tour de la présidentielle de 2012 n'était pas "la bonne solution".
Une dissonance légère au regard des critiques qui ne faiblissent pas au sein de la majorité malgré le rappel à l'ordre de Nicolas Sarkozy et de François Fillon.
"On a pris une claque, la vertu d'une claque en politique, c'est au moins de réveiller", a estimé le député UMP de l'Aube François Baroin sur LCI.
"Ça n'est que vertu et ça n'est que salut d'offrir à notre électorat un message de compréhension du message qui a été adressé dès dimanche soir", a-t-il dit.
Pour l'élu chiraquien, Nicolas Sarkozy "a un virage à amorcer, il faut du courage".
Le chef de l'Etat, qui se refuse pour l'heure à tirer un enseignement national du scrutin, est intervenu mercredi matin en conseil des ministres pour exhorter fermement les membres du gouvernement - 20 ministres sont engagés dans les régionales - à se "battre jusqu'au bout".
"Une campagne, il faut la faire jusqu'au bout, après on verra", insiste-t-on dans l'entourage de François Fillon.
Sophie Louet, édité par Yves Clarisse












