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La gauche accuse Gérard Longuet de dérapage raciste

Le futur président de la Halde devrait être issu du "corps français traditionnel", a estimé le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, aussitôt taxé de racisme par le Parti socialiste. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

Le futur président de la Halde devrait être issu du "corps français traditionnel", a estimé le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, aussitôt taxé de racisme par le Parti socialiste. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen - -

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PARIS - Le futur président de la Halde devrait être issu du "corps français traditionnel", a estimé mercredi le chef de file des sénateurs UMP,...

PARIS (Reuters) - Le futur président de la Halde devrait être issu du "corps français traditionnel", a estimé mercredi le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, aussitôt taxé de racisme par la gauche.

Le socialiste Malek Boutih, fils d'immigrés algériens, est donné favori pour succéder à Louis Schweitzer à la présidence de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde).

Pour Gérard Longuet, "ce n'est pas le bon personnage. Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes", a-t-il dit lors de l'émission Questions d'info, sur LCP et France Info.

"La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait. Un vieux protestant, parfait !", a-t-il ajouté. "Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a conclu le président du groupe UMP au Sénat.

Plus tard, sur Europe 1, Gérard Longuet a reconnu avoir utilisé une "expression peut-être raccourcie et maladroite", sans pour autant bouger sur le fond.

"Dès que vous attaquez des sujets difficiles, comme je ne suis pas nécessairement un génie, on peut être maladroit. Si on ne pose pas les problèmes, on ne les règle jamais", a-t-il dit sur Europe 1.

Harlem Désir, secrétaire national chargé de la coordination au PS, a demandé à l'UMP de "condamner ces propos".

"En assimilant les Français d'origine étrangère à des citoyens de second rang, Gérard Longuet tient un discours intolérable, aux relents racistes et qui justifie et légitime les discriminations", dit-il dans un communiqué.

"Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines", ajoute-t-il.

Pour Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, cette "remarque est d'un autre siècle".

"Ce n'est pas un cas isolé. Il n'y a plus de hasard. Cette famille politique est malade de son rapport au Front national. Quelque chose s'est déverrouillé après le débat sur l'identité nationale, qui sent particulièrement mauvais", a-t-il dit sur Public Sénat.

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a appelé pour sa part Gérard Longuet à retirer immédiatement ses propos.

Pour Dominique Sopo, président de SOS-racisme, Gérard Longuet a retrouvé "sa jeunesse d'extrême droite". "Ces propos sont indignes d'un responsable politique de premier rang", a-t-il dit au NouvelObs.com.

Le Parti communiste a jugé le commentaire du sénateur "choquant et raciste."

Clément Guillou, édité par Gérard Bon