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La campagne de proximité, arme anti-Strauss-Kahn du PS pour 2012

Ségolène Royal à Cergy-Pontoise, mercredi. Loin derrière Dominique Strauss-Kahn dans les sondages, les autres "présidentiables" socialistes multiplient les contacts avec les Français, donnant ainsi l'image d'un favori éloigné des affaires nationales. /Pho

Ségolène Royal à Cergy-Pontoise, mercredi. Loin derrière Dominique Strauss-Kahn dans les sondages, les autres "présidentiables" socialistes multiplient les contacts avec les Français, donnant ainsi l'image d'un favori éloigné des affaires nationales. /Pho - -

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par Laure Bretton PARIS (Reuters) - Loin derrière Dominique Strauss-Kahn dans les sondages, les autres "présidentiables" socialistes multiplient...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Loin derrière Dominique Strauss-Kahn dans les sondages, les autres "présidentiables" socialistes multiplient les contacts avec les Français, donnant ainsi l'image d'un favori éloigné des affaires nationales.

Ségolène Royal, qui est candidate à la primaire socialiste, et Martine Aubry ont effectué mercredi séparément des sorties consacrées à l'emploi des jeunes et aux discriminations en banlieue, "là où les choses bougent, ont-elles dit à l'unisson.

S'ils étaient diamétralement opposés sur le plan médiatique - batterie de caméras pour la première, discrétion pour le premier secrétaire - ces déplacements ont offert l'image d'un duel à distance, capitalisant sur l'absence du directeur général du Fonds monétaire international (FMI) sur le terrain.

"Il a un contact avec les problèmes financiers du monde, c'est aussi une expérience", a glissé Ségolène Royal à Cergy-Pontoise, où elle n'a eu de cesse de souligner son lien "particulier" avec "la France qui souffre" depuis 2007.

Le porte-parole de la candidate malheureuse contre Nicolas Sarkozy il a trois ans, Guillaume Garot, qui annonce un déplacement thématique par semaine - prochaine étape, la Drôme pour parler de croissance verte le 14 décembre - affirme que cette activité n'est pas dirigée contre l'homme de Washington.

"Dominique Strauss-Kahn n'est pas là mais le tour de France que nous entamons n'est dirigé contre personne", dit-il.

Mercredi à La Courneuve, Martine Aubry a parlé d'insertion professionnelle et d'inégalités scolaires. En janvier, elle fera la tournée des candidats aux élections cantonales, avant des forums et deux voyages à l'étranger.

"C'est bon qu'elle sorte de Solférino (le siège du PS) qui peut éloigner des Français", se félicite un secrétaire national.

"PLANÈTE MARS"

L'entourage de la maire de Lille dément toute accélération - "elle trace son chemin, celui de l'alternative à gauche", explique Guillaume Bachelay - mais concède que l'heure est à la "conquête après une année rivée au projet du PS".

L'ancien premier secrétaire du PS François Hollande, qui a entamé sa campagne de terrain il y a un an, prépare lui aussi une visite dans les banlieues après des séminaires sur l'éducation, la défense ou la fiscalité.

A l'unisson avec Manuel Valls ou François Hollande, qui fourbissent eux aussi leurs armes présidentielles, Ségolène Royal plaide pour une campagne "au long cours" pour donner toutes ses chances au futur candidat du PS, qui devrait être désigné selon eux avant l'été 2011.

Or, le calendrier de la primaire prévoit un dépôt des candidatures en juin et un vote à l'automne, un timing confortable pour Dominique Strauss-Kahn, contraint de choisir entre son mandat au FMI, qui court jusqu'en 2012, et un retour anticipé en France.

Pour le politologue Henri Rey, spécialiste de la gauche française, la position de Dominique Strauss-Kahn, tenu au silence par son mandat au FMI, risque de devenir intenable.

Pendant que les autres candidats feront campagne sur leurs idées en vue de la primaire, "va se poser la question de sa présence politique concrète", explique le chercheur au Cevipof.

Mais loin de le marginaliser, la bataille des "présidentiables" sert les intérêts de Dominique Strauss-Kahn, font valoir les proches du chef du FMI, forts des bons sondages.

"Plus ils vont se chamailler, plus Strauss-Kahn va sortir au-dessus du lot", estime un cadre du PS.

Cependant, même dans son camp, certains ont plaidé cet automne pour un "temps de réacclimatation" en France après trois ans passés dans les hautes sphères de la finance internationale.

"Quand on fait de la politique depuis trente ans en France on n'oublie pas tout en trois ans à Washington", s'énerve François Pupponi, qui a succédé à Dominique Strauss-Kahn à la mairie de Sarcelles, dans le Val-d'Oise.

"Il connaît la France, il sait ce qu'il s'y passe", jure le député. "Il est aux Etats-Unis, pas sur la planète Mars".

Edité par Yves Clarisse