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L'UMP outrée des propos de Royal sur le système corrompu

La charge de Ségolène Royal contre le "système Sarkozy corrompu" a provoqué mercredi l'indignation de la majorité qui l'accuse de tenir des propos haineux et démagogues sur l'affaire Woerth. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

La charge de Ségolène Royal contre le "système Sarkozy corrompu" a provoqué mercredi l'indignation de la majorité qui l'accuse de tenir des propos haineux et démagogues sur l'affaire Woerth. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau - -

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PARIS (Reuters) - La charge de Ségolène Royal contre le "système Sarkozy corrompu" a provoqué mercredi l'indignation de la majorité qui l'accuse de tenir des propos haineux et démagogues sur l'affaire Woerth.

Sur TF1, l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a dénoncé mardi "un pouvoir qui mélange les biens privés et les biens publics" et "perd tout sens du bien commun".

"Le système Sarkozy est aujourd'hui corrompu", a-t-elle dit, exigeant une "enquête impartiale" sur Eric Woerth, le ministre du Travail soupçonné par la gauche de conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt.

"Dans quel autre pays un ministre serait encore en place dans les conditions que les Français connaissent aujourd'hui?", a demandé Ségolène Royal.

Mais pour le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, la présidente de la région Poitou-Charentes s'exprime comme le Front national.

"Ce sont des propos de haine qui rappellent ceux de Marine Le Pen", vice-présidente du Front national, a-t-il dit mercredi sur France Info.

"Ségolène Royal a grandi à l'école de (François) Mitterrand, une période où il y avait quelque connexion objective entre le PS et le FN, on retrouve ça aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a estimé que "l'outrance de Mme Royal la disqualifie."

"Je me souviens de Mme Royal pendant la campagne présidentielle de 2007, qui nous expliquait qu'elle voulait promouvoir une République du respect. Eh bien, au quotidien, Mme Royal pratique la République de la calomnie", a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, a également jugé la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 "curieusement nostalgique" de l'époque mitterrandienne, assurant que la majorité actuelle était au contraire "transparente."

"Quand Mme Royal était ministre, il y avait les fonds secrets, qui faisaient régner l'opacité. On n'est plus dans une époque où François Mitterrand élevait sa fille cachée et entretenait sa maîtresse aux frais de la République. Aujourd'hui tout est transparent", dit-elle dans Le Parisien.

"CANIVEAUX"

Pour le ministre de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, "Mme Royal a pété un câble".

"Elle nous a servi à l'heure du repas de la bouillie pour chien et franchement, faire de la politique comme ça dans les caniveaux, ça n'honore ni Mme Royal ni la République", a-t-il dit à la sortie du conseil des ministres.

"Vous savez, a-t-il ajouté, il y a un proverbe africain qui dit que 'quand le singe veut monter au cocotier, il faut qu'il ait les fesses propres'".

L'ex-socialiste Eric Besson a estimé pour sa part que Ségolène Royal avait une nouvelle fois "apporté la preuve de sa capacité à dire n'importe quoi pour essayer de se faire remarquer".

"Elle est en perte de vitesse dans la compétition interne au Parti socialiste et plus elle est outrancière, plus elle est grossière, elle pense pouvoir être reprise", a jugé le ministre de l'Immigration à la sortie du conseil des ministres.

"Entre la dénonciation de ce qu'elle appelle un système Sarkozy et ce que Le Pen appelait il y a quelques années 'l'établissement', autrement dit les élites, le pouvoir politique, etc., ce n'est pas le même mot mais c'est le même état d'esprit", a-t-il déclaré.

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, estime que la mise en cause d'Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy en ces termes "n'est pas acceptable dans une démocratie."

"Mettre en cause un ministre, et au-delà le président de la République sur la base de simples allégations est un comportement ignoble", écrit-il dans un communiqué.

Gérard Bon, avec Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet