BFM

L’effet Valls ne profite… qu’à Valls

BFM Hervé Gattegno
Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25.

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - -

Téléchargez la nouvelle application BFM
Selon un sondage publié ce weed-end par le JDD, la cote de Valls est supérieure de 40 points à celle d'Hollande. C’est une situation inédite qui a forcément des conséquences politiques. Votre parti pris : l’effet Valls ne profite… qu’à Valls.

En nommant Manuel Valls, François Hollande voulait balayer les municipales et ouvrir un nouveau chapitre – répondre à un choc électoral par un électrochoc. Ce qui se passe, c’est que Manuel Valls bénéficie, sinon d’une confiance, au moins d’une attente de l’opinion et qu’il a réussi son entrée.

Et François Hollande n’en profite pas car les Français savent qu’il n’a pas vraiment choisi Manuel Valls – ce sont les circonstances qui l’ont imposé. Résultat : Valls monte (assez haut) et François Hollande baisse encore (très bas). Ça veut dire que le pouvoir de François Hollande a fondu et que Manuel Valls apparaît comme un fondé de pouvoir – c’est lui qui gouverne.

François Hollande fixe la ligne politique, et sur l'essentiel, elle n'a pas changé. A terme, les Français ne vont-ils pas les juger ensemble et non séparément?

Ce serait logique mais dès lors qu’il y a ce partage des rôles forcé, on peut être sûr qu’une forme de concurrence, voire d’affrontement, va s’installer. F. Hollande s’y prépare : l’Elysée aussi a été remanié, et F. Hollande a placé ses proches aux postes clé – il va aussi reprendre ses visites en province.

Il cherche à reprendre non pas de la hauteur mais de la distance. Donc laisser Valls en 1ère ligne : le Premier ministre sera là pour tenter des coups mais aussi pour en prendre. C’est la seule option de F. Hollande: pour surmonter une cote abyssale, il doit retrouver une fonction arbitrale. Ce n’est pas gagné.

Vous iriez jusqu'à soupçonner le chef de l'Etat d

Je dirais que F. Hollande est condamné à vouloir la réussite de son Premier inistre mais toute la question est de savoir si, dans cette hypothèse, c’est à lui que ça profiterait. Ce qui est sûr, c’est que si M. Valls échoue, F. Hollande échoue avec lui et il perd toute chance de réélection.

Avec l’écart vertigineux qui les sépare aujourd’hui dans les sondages, M. Valls peut légitimement penser que s’il obtient des succès – contre le chômage, les déficits, sur la croissance, face à l’Europe – c’est lui qui en tirera le principal profit politique et non F. Hollande. A ce moment-là, il ne sera plus celui qui aide le rrésident de la République à se relever – mais celui qui peut prendre sa relève...

Une primaire entre Valls et Hollande pour la candidature sociabilise 2017 est-elle crédible?

En théorie, la suprématie institutionnelle du président de la République l’empêche : s’il veut se présenter, son parti est derrière lui. Mais il n’y a pas de précédent dans le cadre du quinquennat – en 2007, Chirac était trop affaibli pour espérer se représenter, Sarkozy avait le champ libre.

Seulement si M. Valls garde (ne serait-ce qu’en partie) la supériorité politique qu’il a en ce moment sur F. Hollande, la question de la primaire sera forcément posée – parce que les élus du PS (et les électeurs) voudront comme candidat celui qui a le plus de chance de les mener à la victoire. Pour l’instant, M. Valls se comporte en vassal mais il ressemble déjà beaucoup à un rival.