Jouanno soutient Belkacemi dans le dossier des quotas

Chantal Jouanno a exprimé un soutien implicite jeudi à Mohamed Belkacemi, un officiel de la Fédération française de football (FFF) à l'origine de révélations sur un projet de quotas discriminatoires. La ministre des Sports a déclaré sur Europe 1 qu'il ava - -
PARIS (Reuters) - La ministre des Sports Chantal Jouanno a exprimé un soutien implicite jeudi à Mohamed Belkacemi, un officiel de la Fédération française de football (FFF) à l'origine de révélations sur un projet de quotas discriminatoires.
La divulgation par Mediapart de propos tenus par plusieurs responsables, dont le sélectionneur Laurent Blanc, lors d'une réunion en novembre dernier, a provoqué deux enquêtes et une tempête dans le monde du football.
Mohamed Belkacemi a dit avoir enregistré la réunion en question, pour attester de la récurrence d'une idéologie à ses yeux problématique, mais nie avoir remis l'enregistrement à Mediapart.
Il l'a remis à la FFF dès le 9 novembre, dit-il, sans citer de noms, laissant ainsi entendre que le problème était connu mais caché. La FFF envisage maintenant de l'évincer.
Chantal Jouanno a dit sur Europe 1 qu'il avait a priori fait son devoir. "Une personne qui constate les discriminations a l'obligation de saisir son supérieur hiérarchique", a-t-elle rappelé.
Elle souligne que le problème principal reste le soupçon de quotas. "Je veux juste rappeler que c'est un délit", a-t-elle dit.
Cependant, elle demande d'attendre le résultat des enquêtes la semaine prochaine.
"Aujourd'hui, on ne peut pas affirmer avec clarté qu'il y a manipulation et que la présidence de la fédération était au courant, qu'il y a effectivement mise en place de quotas discriminatoires, c'est beaucoup trop tôt", a-t-elle dit.
Le scandale menace d'atteindre Laurent Blanc qui, lors de la réunion de novembre, a appuyé l'idée des quotas et a en outre associé le problème du jeu physique et peu technique avec la présence importante, à ses yeux, de joueurs noirs dans les centres de formation.
Une phrase de sa part retient particulièrement l'attention: "les Espagnols, ils m'ont dit: 'nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas'". Ceci lui a notamment attiré les critiques de son ancien compagnon de sélection Lilian Thuram.
Ce dernier a été à son tour critiqué par Christophe Dugarry, autre ex-joueur de l'équipe de 1998, qui a reproché sur Canal+ à Lilian Thuram d'avoir décidé de faire une photo du trophée mondial et des joueurs noirs de l'équipe le soir de la victoire au Mondial à Paris.
Thierry Lévêque, édité par Pierre Sérisier












