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Hollande juge le programme de Macron trop technocratique

BFM Louis Nadau
François Hollande.

François Hollande. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

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Le président de la République estime que le programme d'Emmanuel Macron manque du souffle qui transforme un projet en vision.

Pas de "mon ennemi, c'est la finance", pas de taxe à 75% sur les revenus annuels supérieurs à un million d'euros: pour le président de la République, la campagne d'Emmanuel Macron manque d'une mesure phare, susceptible de faire décoller sa campagne.

Ce mercredi, Le Figaro relate qu'en privé, le chef de l'Etat juge le programme d'Emmanuel Macron sans "aspérités", que le "grain de folie qui transforment un projet en vision" manque au candidat d'En Marche! Le ton choisi serait selon le chef de l'Etat "trop technocratique, version inspection générale des finances".

François Hollande est toutefois, dans l'ensemble, sur la même ligne sociale-libérale qu'Emmanuel Macron. Le député de l'Isère Erwann Binet, qui accompagne le chef de l'Etat dans son dernier voyage officiel en Malaisie, s'amuse d'ailleurs dans Le Monde: "Si vous trouvez dans la délégation un ministre ou un parlementaire qui n’est pas macroniste, vous pouvez nous le présenter."

Soutien officieux avant le premier tour

Cependant l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste se garde bien d'apporter un soutien officiel en forme de cadeau empoisonné à Emmanuel Macron, déjà accusé par ses adversaires d'être un héritier déguisé de François Hollande. "Le président ne devrait pas sortir du bois avant le premier tour", confie un de ses conseillers, toujours dans Le Figaro. En cas de présence de Marine Le Pen au second tour, son soutien à son opposant sera de toute manière automatique.

Spécialiste de la petite phrase ambivalente, le président de la République, a d'ailleurs lancé une pique déguisée à Benoît Hamon depuis la Malaisie, lors de son dernier voyage présidentiel. "Si c'est un ancien ministre du gouvernement qui devient président, même si c'est différent, même si c'est une autre phase, ce ne sera pas la même chose que d'avoir un ancien opposant." Un propos à double tranchant pour le candidat socialiste, ancien ministre, mais aussi ancien frondeur.