Hollande aurait dû commencer par là !

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE
En écoutant M. Valls, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce qui, dans ce qu’il a dit hier, n’aurait pas pu être dit il y a 2 ans par son prédécesseur. Le diagnostic sur l’état de la France était déjà valable – sûrement aggravé depuis par beaucoup d’atermoiements et de décisions contradictoires. Et les solutions qu’avance M. Valls auraient toutes pu être mises en œuvre dès le début – sur la compétitivité, les déficits et sur le pouvoir d’achat. Donc le début réussi de Valls souligne les débuts ratés de F. Hollande. Comparé à JM Ayrault, on a gagné au change ; mais on a perdu énormément de temps.
Le discours de politique générale est toujours un exercice de style pour un nouveau premier ministre. Comment qualifier celui de M.Valls ?
A la fois fort et habile. On reproche souvent à M. Valls d’être dans la communication ; il y était, mais pas trop. Tous les messages étaient bien calibrés – pour chaque composante de la gauche, avec des hommages à l’opposition ; pour les Français qui souffrent, le patronat, les artisans, les salariés… Mais il se dégageait de l’ensemble de la précision et une vraie conviction. C’était un propos maîtrisé et en même temps énergique – une assez bonne synthèse de ce qu’est M. Valls. Disons que là où Ayrault avait prononcé un discours mineur, celui de M. Valls était un discours de démineur – peut-être même un discours de meneur…
En tout cas, il a enregistré un résultat très favorable avec un vote de confiance supérieur à celui qu'avait obtenu JM Ayrault. Ça fait de lui le chef incontestable de la majorité ?
Pas encore mais il a déjà plus d’autorité que Ayrault. L’aile gauche du PS a rué dans les brancards, elle recommencera. Les Verts ont dû s’incliner mais ils n’en pensent pas moins. De fait, M. Valls n’a pas levé tous les malentendus. Un surtout : il maintient l’objectif des 50 Mds mais il en manque 11 dans ce qu’il a annoncé (sans compter les mesures sociales)… Cela dit, il trace une ligne social-libérale nette, avec une ode à l’entreprise et une attention marquée aux couches populaires. Idéologiquement et physiquement, il rappelle le T. Blair qui a inventé le « nouveau travaillisme ». Valls dessine un « nouveau socialisme ». Ça ne va pas à cent à l’heure mais ça a une certaine allure…
Il a promis "d'ouvrir une nouvelle page du quinquennat". C'est ce qui s'est passé ?
Ça l’est forcément puisqu’il y a un changement de tête et de rythme. Sur le fond, le virage politique est antérieur à la nomination de M. Valls mais on n’en a pas encore vu les effets. Ce qui affleure, c’est au moins une période différente dans les rapports avec la majorité : là où Ayrault essayait (en vain) de caporaliser les députés, Valls va s’efforcer de les dynamiser et de les fidéliser – pour l’instant, ça marche. Peut-être qu’il y aura aussi un rééquilibrage des pouvoirs entre l’Elysée et Matignon. Le PR fixe le cap mais c’est le PM qui est à la barre. Voilà l’enseignement principal de ce discours : F. Hollande a imposé son pacte ; M. Valls a provoqué un impact.
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