Grand débat: des élus corses boudent la venue de Macron

Le dernier rendez-vous régional du grand débat national s'annonce tendu pour Emmanuel Macron. Le président de la République se rend ce jeudi dans le village de Cozzano, en Corse du Sud, pour y clore sa tournée française. Mais les deux hommes forts de l'île, le président autonomiste du conseil exécutif Gilles Simeoni comme celui de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni (indépendantiste) ont décidé de boycotter la réunion, entraînant plusieurs élus dans leur sillage.
Les nationalistes corses ont lancé l'opération "isula morta" (île morte), soit un appel à tirer les rideaux, à fermer les guichets et clairsemer les administrations, explique Corse Matin. Ce afin de dénoncer le dialogue rompu avec l'État, notamment sur la question de l'autonomie de la Corse. Ils avaient invité Emmanuel Macron à venir les rencontrer à l'assemblée de Corse, invitation que le chef de l'État a décliné.
"Créer les conditions d’un véritable dialogue"
"On est dans une situation un peu paradoxale où chaque parti, nous en Corse, le chef de l'État à Paris, dit vouloir le dialogue, un dialogue qui pour l'instant ne se noue pas", déclare Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, sur BFMTV.
Il assure vouloir réellement discuter avec le chef de l'État, à qui il ne demande pas d'accepter toutes les revendications des élus nationalistes, mais au moins un "dialogue pour l'histoire".
Ce dialogue viserait entre autres à discuter l'obtention d'un "statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice, et aux plans politique, économique et social, [la construction] d'une société corse émancipée, solidaire et apaisée", explique un communiqué de plusieurs élus, publié le 3 avril.
"Nous n’avons pas intérêt à rester dans une situation de blocage, nous ne sommes pas, et je ne suis pas dans une stratégie de surenchère ou d’escalade, au contraire", martèle Gilles Simeoni sur BFMTV. "Ce que je cherche à faire, c’est à créer les conditions d’un véritable dialogue".
Tous les élus ne boycotteront pas
Tous les élus de Corse ne rejoignent pas ce boycott organisé. Pierre-Marie Mancini, président divers gauches de l'association des maires de Haute-Corse, assure sur BFMTV qu'ils se rendra à Cozzano pour tenter de faire remonter les doléances de ses concitoyens. En revanche, il n'y parlera pas d'autonomie.
"Je pense que ce sont deux sujets différents, et qu'on ne peut pas les traiter le même jour, dans la même enceinte, de la même façon", déclare-t-il.












