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Goodyear Amiens-Nord : Montebourg ne convainc pas

BFM Mathias Chaillot avec Stéphanie Collié et Pierre Rigo
Les syndicats ne croient pas en l'action d'Arnaud Montebourg, qui veut ramener tout le monde à la table des négociations

Les syndicats ne croient pas en l'action d'Arnaud Montebourg, qui veut ramener tout le monde à la table des négociations - -

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Après l’annonce de la fermeture de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, dans la Somme, Arnaud Montebourg a appelé tout le monde à la table de négociations, en espérant que le groupe Titan, qui s’était dit intéressé, reprenne le site. Mais dans l’usine, les syndicats n’y croient pas.

Le dossier Goodyear arrive à Paris. Selon les informations d’RMC, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, et Michel Sapin, ministre du Travail, recevront en tout début de semaine prochaine, lundi ou mardi, une délégation d'élus de la Somme sur le dossier Goodyear, notamment le maire d'Amiens, les présidents du conseil général et du conseil régional.
Goodyear a en effet annoncé jeudi la fermeture de son site d'Amiens-Nord, et 1 173 emplois sont menacés. Arnaud Montebourg a annoncé qu'il voulait ramener tout le monde à la table des négociations, notamment le groupe Titan qui se proposait de reprendre l'usine. Mais le ministre prévient : « Nous ne sommes pas sûrs d'y arriver ». Les syndicats, eux, sont méfiants.

« Hors de question que la décision de la direction soit actée »

Pour la députée PS de la Somme Pascale Boistard, il est toujours possible de sauver des emplois. « D’abord, ça commence par une volonté de tous de revenir à la table des négociations. Ensuite, trouver un repreneur, au moins sur une partie de l’activité, et discuter aussi sur la stratégie du groupe, car il est hors de question que la décision de la direction soit actée telle quelle. Ce type d’attitudes, qui peut s’apparenter parfois à une attitude de voyous n’a aucune justification aujourd’hui ce site ».

« Des négociations très difficiles avec le syndicat majoritaire »

Mais Alain Gest, député UMP de la somme, c'est trop tard. « Aujourd’hui, j’avoue avoir des craintes sur l’intérêt que peut avoir une quelconque entreprise de venir reprendre une activité avec un climat social aussi dégradé. Il semblerait que l’activité de production des pneus à caractère agricole soit viable. Le groupe Titan s’y est intéressé. Il a été confronté à des négociations très difficiles avec le syndicat majoritaire, voilà ce qui fait dire sans doute aujourd’hui à la direction de Goodyear qu’il n’y a pas d’autres solutions que de mettre un terme à l’activité à Amiens, et je le déplore ».

« On n’a pas besoin de ces gens-là »

Mécanicien à l'usine Goodyear depuis 36 ans, Philippe ne voit pas l'intervention d'Arnaud Montebourg comme une bonne nouvelle. « Je pense que le combat, il va falloir qu’on le fasse nous-même, et on n’a pas besoin de ces gens-là. Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, on s’aperçoit que ces gens-là veulent se mettre sur le devant de la scène, mais je ne pense pas qu’ils vont faire grand-chose. Ils ont fait miroiter des choses pendant les élections, mais finalement, on s’aperçoit que rien n’a bougé. Ils auraient dû réagir bien avant et ne pas attendre une annonce de fermeture pour dire « on va négocier ».

« On ne compte que sur nous-même »

Majid Boubakeur, délégué syndical SUD, estime pour sa part que l’intervention du ministre ne lui donne « pas du tout » espoir. « Le pire est déjà fait. Montebourg, je ne sais pas à quoi il joue, à part calmer le jeu. Le problème, c’est qu’il n’apporte rien de plus que ce qu’on entend depuis cinq ans, c’est le même repreneur qu’on nous servait déjà à toutes les sauces. C’est un très mauvais signe : dès qu’il y a un gouvernement qui pointe, ça veut dire que c’est la mort. Nous, on ne compte que sur nous-même ».