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François Fillon donne sa version du travail accompli par sa femme

BFM Robin Verner
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Lors de sa conférence presse, François Fillon a voulu détailler ce qui a constitué le travail de son épouse, Penelope Fillon, à ses côtés lorsqu'elle était rémunérée comme assistante parlementaire. Pour lui, les sommes qu'elle avait alors perçues étaient "justifiées", alors qu'elle est soupçonnée d'emploi fictif depuis bientôt deux semaines.

"La réalité des faits, la voici" a lancé ce lundi le candidat de la droite et du centre à la présidentielle lors d'une conférence de presse destinée à éteindre l'incendie politique allumé il y a une dizaine de jours par l'affaire Penelope Fillon.

"Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice"

Le scandale porte sur les sommes gagnées par sa femme notamment en tant que son assistante parlementaire, activité dont on a mis en cause qu'elle l'ait réellement exercée. François Fillon a d'abord fait le point sur les sommes perçues par sa femme: 

"Oui, j’ai employé mon épouse comme collaboratrice. Elle a ensuite été la collaboratrice de mon suppléant. Elle est encore redevenue ma collaboratrice par la suite. Elle a donc occupé son poste pendant quinze ans. Et ceci pour un revenu moyen mensuel de 3.677 euros net. Un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres", a-t-il affirmé.

Missives, réclamations, représentations...

Selon Le Canard enchaîné, Penelope Fillon a gagné plus de 900.000 euros brut à partir de 1988, en tant qu'assistante parlementaire mais aussi comme rédactrice à la Revue des deux mondes. Mais indépendamment des sommes engrangées par celle-ci, c'est la réalité de son emploi qui a posé question ces derniers jours. Elle a motivé l'essentiel de la réponse de François Fillon devant les journalistes. L'ancien Premier ministre a assuré que sa femme était investie à l'échelon local: "Les élus savent que ce métier est fait de tout un tas d’actions modestes souvent accomplies par le collaborateur parlementaire dans l’ombre, parfois seul, et qui peuvent paraître anodines à certains et qui sont indispensables à la démocratie locale." 

Le candidat a ensuite dressé la liste des tâches, selon lui, dévolues à son épouse:

"C’est elle, avec ma secrétaire Sylvie Fourmont, qui a géré le courrier qu’on m’adressait. C’est elle qui a tenu mon agenda pour les événements locaux, les inaugurations, les manifestations sportives et culturelles, les remises de décorations. C’est elle qui a travaillé sur mes interventions dans la Sarthe. Elle m’a représenté dans des manifestations culturelles locales. C’est encore elle qui a reçu et renvoyé vers les entreprises de la région les CV et les demandes d’emplois que les Sarthois m’adressaient. C’est toujours elle qui a traité les réclamations de ces derniers lorsqu’ils rencontraient des difficultés administratives."

Pas de badge, ni d'adresse mail à l'Assemblée?

Pourquoi a-t-elle continué à occuper cette place après qu'il a laissé sa place au Palais-Bourbon à son suppléant Marc Joulaud, à son entrée au gouvernement en 2002? C'était à sa propre demande, a expliqué l'ex-Premier ministre, et pour garder un "lien avec sa circonscription". Tout au long de cet exposé, François Fillon a parlé de sa femme comme de sa "collaboratrice", sans évoquer le statut d' "assistante". Il a voulu se porter au-devant de cette nuance avant de répondre aux questions des reporters:

"Oui, elle n’a jamais été ma subordonnée. Elle a toujours été d’abord et avant tout ma compagne de travail et ma collaboratrice. Elle a exercé dans la discrétion, refusant de parler à ma place", a-t-il justifié.

Si discrète qu'elle ne possédait pas de badge à l'Assemblée nationale ni boîte mail dans cette chambre du Parlement. Rien d'anormal, pour François Fillon, selon lequel beaucoup d'aides des députés sont dépourvus de ces accessoires si leur tâche les arrime au travail en circonscription.