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Européennes: le coup de pression de Macron à ses ministres face à la montée du RN

BFM Hugo Septier
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Philippe Wojazer - POOL - AFP

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Le locataire de l'Elysée a appelé ses ministres à multiplier leurs apparitions lors de meetings et réunions publiques.

A un peu plus d'une semaine des élections européennes du 26 mai, la situation semble de plus en plus périlleuse pour LaREM, le parti de la majorité. Selon les tous récents sondages, la liste du Rassemblement national, portée par Jordan Bardella, serait actuellement en tête avec 24% des intentions de vote devant la liste de l'ancienne ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau, qui bute à 23%.

Une situation inconfortable, et très peu appréciée d'Emmanuel Macron qui selon un article du Parisien aurait sèchement remonté les bretelles de plusieurs de ses ministres. Le locataire de l'Elysée souhaiterait en effet que les membres de son gouvernement s'impliquent plus dans la campagne en participant aux meetings et réunions publiques.

"Des remontées sont faites très régulièrement à Emmanuel Macron. Il suit ça de très très près. Ils se font engueuler s’ils ne font pas assez de sorties", explique un cadre de LaREM.

Ce dernier confie également au quotidien que plusieurs tableaux Excel sur lesquels sont notés les déplacements des ministres sont tenus régulièrement à jour. 

Tableau Excel et spectre d'un remaniement

Et les enjeux sont importants pour le gouvernement. En cas de défaite face au parti de Marine Le Pen, notre éditorialiste Christophe Barbier estime qu'un remaniement est à attendre.

"Il s’agit pour les ministres de se sauver. Emmanuel Macron l’a dit, si le Rassemblement national l’emporte, il y aura un gros remaniement. L’Acte II du quinquennat ce n’était pas seulement les grandes annonces après le grand débat, ce sera aussi peut-être un nouveau gouvernement si défaite il y a et s’il faut donner un nouveau ressort. Tout le monde est donc sur le terrain pour sauver sa propre tête", analyse-t-il.

Un état de fait confirmé, toujours dans les colonnes du Parisien, par un membre de l'équipe gouvernementale. "Il y a un enjeu important. On est tous au courant que si on n’est pas en tête devant le Rassemblement national, il y aura un très gros remaniement", assure-t-on. 

"Ceux qui n’ont pas assez mouillé la chemise risquent d’être tricards, ça peut jouer sur leur maintien ou non au sein du gouvernement", ajoute un conseiller ministériel.

Changement de cap dans la campagne 

Cette panique généralisée du côté du gouvernement se traduit par un changement de stratégie au niveau de la campagne électorale. Ainsi, Nathalie Loiseau est de moins en moins visible à mesure que l'échéance continentale approche et Emmanuel Macron en personne s'est engagé dans la bataille, s'affichant sur les affiches du parti

"L’idée n’est pas de sauver Nathalie Loiseau, mais de se substituer à elle. On la voit beaucoup moins maintenant dans la campagne et on a plus d’actualité avec les annonces ministérielles, avec les meetings des ministres, qu’avec les performances de Nathalie Loiseau", conclut Christophe Barbier.