En Marche! veut remettre Bayrou à sa place

Emmanuel Macron et François Bayrou. - ERIC FEFERBERG / AFP
Après le bras de fer entre En Marche! et le MoDem sur les investitures aux législatives, une mise au point s'impose pour le nouveau président de la République: il est le seul maître à bord. Le Canard enchaîné rapporte ainsi ce propos d'Emmanuel Macron, dirigé contre le centriste ressuscité:
"Bayrou veut jouer les marionnettistes. Il considère qu’il m’a fait roi, que je lui dois tout, que j’ai été élu uniquement grâce à lui et qu’il a fait l’élection. Il veut jouer le président délégué, mais ça ne se passe pas comme ça avec moi."
"Les électeurs n'ont pas voté en ma faveur pour être gouvernés au centre, comme l'affirme Bayrou, ajoute le président débutant, ils ont voté pour moi pour être gouvernés avec les meilleurs de droite et les meilleurs de gauche."
Le MoDem, combien de divisions ?
Le maire de Pau, pressenti pour devenir garde des Sceaux, pourrait devenir un allié envahissant. Les porte-flingues du président tentent donc de contenir le président du MoDem, sans toujours y parvenir, en attestent les 80 circonscriptions obtenues par les centristes après la fureur de François Bayrou. L'hebdomadaire satirique rapporte ainsi ce cri de guerre du secrétaire général d'En Marche! Richard Ferrand:
"Bayrou, on va lui faire baisser son caquet. Il faut qu'il comprenne qui est le chef."
Même son de cloche chez le député socialiste Arnaud Leroy, fidèle d'Emmanuel Macron: "Il faut qu'il comprenne que ce n'est pas lui qui a été élu. À un moment donné, on va le lui rappeler."
Chez En Marche!, les ambitions de François Bayrou au sein d'une éventuelle majorité présidentielle font tousser. Au plus fort de la crise des investitures, un cadre marcheur s'étranglait dans Le Point: "Comment voulez-vous qu'on lâche 90 circonscriptions à un mec qui pèse 6 %? Il boit ou quoi?"
Un sérieux doute subsistait quant au sérieux de la formation centriste. "Cela fait quinze jours que François Bayrou téléphone partout en France pour trouver 144 candidats à nous proposer", raillait alors une huile d'En Marche!, "il faut avoir une lecture réaliste de la santé militante du MoDem".












