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Sécurité: que proposent les candidats?

BFM Ghislain de Violet
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- - Illustration - AFP

Effectifs policiers, politique pénale, places de prison, mesures antiterroristes: tour d'horizon des programmes des prétendants à l’Elysée.

Police

Plus de "bleu" dans l’espace public, c’est le mot d’ordre des candidats. Hormis Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, la plupart des autres prétendants à l’Elysée promettent d’augmenter les effectifs des forces de sécurité (+10.000 postes de policiers et gendarmes pour Emmanuel Macron, +15.000 pour Marine Le Pen, +30.000 pour Nicolas Dupont-Aignan, +5.000 pour Benoît Hamon et François Fillon). A noter que si Jean-Luc Mélenchon s’engage à ramener les effectifs au niveau de ceux de 2007, le candidat de La France insoumise prévient qu'il supprimera la Brigade anticriminalité (BAC).

C’est sur l’emploi de ces forces que les avis divergent. A gauche, on souhaite rétablir la police de proximité. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron se prononcent pour cette mesure censée selon eux rapprocher les forces de sécurité et la population. Le candidat du PS veut aussi lutter contre les contrôles au faciès.

A droite de l’échiquier politique, on préfère renforcer les prérogatives des policiers. Ainsi Marine Le Pen propose-t-elle d’étendre la "présomption de légitime défense" (assouplissement des règles d’usage de leurs armes) quand François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan veulent rapprocher les pouvoirs des policiers municipaux de ceux de leurs collègues de la police nationale (contrôles d’identité, accès aux fichiers).

Justice

Dans leurs réponses au questionnaire que leur a adressé le Conseil national des barreaux (CNB), 6 des 11 candidats s’engagent à augmenter le budget de l’institution judicaire: Benoît Hamon, François Fillon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan. François Asselineau et Jacques Cheminade entendent eux aussi réévaluer les moyens de la justice, augmenter les effectifs (magistrats, greffiers) et ouvrir des tribunaux.

La question de la politique pénale fait beaucoup moins consensus. François Fillon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan sont partisans d’une approche sévère, avec rétablissement des peines planchers (peines minimales que le juge a l’obligation de prononcer) et limitation des réductions de peines et sursis. Le candidat Les Républicains et celui de Debout la France veulent aussi abaisser la majorité pénale à 16 ans. Celle du Front national promet de créer une peine de perpétuité réelle pour les crimes les plus graves.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, à l’inverse, prônent la sortie du "tout répressif", avec notamment la question de la légalisation du cannabis. Emmanuel Macron se situe dans un entre-deux: s’il souhaite punir certains délits d’une simple contravention (usage du cannabis, infractions au code de la route), il s’engage à supprimer la règle de l’aménagement automatique des peines inférieures à deux ans.

Prison

En matière pénitentiaire, il y a véritablement deux écoles. D’un côté, ceux qui jugent qu’il faut construire plus de places de prison, pour désengorger des établissements surpeuplés. C’est le cas de François Fillon (+16.000 places), Emmanuel Macron (+15.000 places), Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan (+40.000 places), Jacques Cheminade (+10.000). De l’autre côté, ceux qui privilégient le développement des peines alternatives à l’incarcération: Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et François Asselineau. Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Jean Lassalle n’ont pas pris position sur le sujet.

Antiterrorisme

"Renforcer les moyens du renseignement territorial": la majorité des candidats se retrouvent sur cet engagement. Beaucoup moins sur le reste. François Fillon et Marine Le Pen partagent le souhait de déchoir de leur nationalité les terroristes et de bannir du territoire national les individus liés à des mouvements extrémistes. Nicolas Dupont-Aignan, de son côté, veut ouvrir un bagne pour les jihadistes aux îles Kerguelen et leur appliquer la rétention de sûreté (non-libération au terme de leur peine).

Emmanuel Macron promet de créer des prisons spéciales pour les Français de retour de Syrie ou d’Irak et pour les individus radicalisés. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon rejoignent le candidat d’En Marche! sur l’idée de mettre fin à l’opération Sentinelle, afin de mobiliser l’armée sur d’autres missions. En revanche, le fondateur du Parti de gauche et le candidat du PS souhaitent un contrôle plus étroit du Parlement sur le dispositif légal antiterroriste, afin de préserver les libertés publiques.