EDITO - Débat de BFMTV: qui a le mieux tiré son épingle du jeu?

Au lendemain du débat "La crise, et après" organisé par notre antenne, où les chefs des principales formations politiques ont débattu pendant deux heures et demi des questions soulevées par la colère sociale et politique qui anime les gilets jaunes, l'heure est au bilan.
Si pour nos éditorialistes le débat avait une saveur de présidentielle, certains participants ont su tirer leur épingle du jeu. C'est le cas de Laurent Wauquiez qui, pour eux, a su proposer des idées nouvelles sans toutefois détailler la mise en place et la viabilité de ces dernières. en revanche, Stanislas Guerini, qui représente l'exécutif, a été mis à mal à plusieurs reprises.

"On était dans la continuité de 2017, on refait le match. On avait des leaders politiques qui pour la plupart voulaient nous montrer que 2017 c’était un accident de l’Histoire, que Macron était une erreur de casting, que la bataille n’est pas finie, il y a un esprit revanchard.
D’ailleurs on n’a pas eu tellement d’idées neuves. S’ils ont travaillé depuis deux ans, ces chefs de partis, ils gardent dans leurs poches, dans leur manche, les atouts qu’ils dévoileront pour les futures campagnes, les campagnes importantes dont 2022.
On a vu des convergences intéressantes. Regardez le nombre de points communs, de points d’accord entre Marine Le Pen et Jean-Luc- Mélenchon: l’armée devant les bâtiments pour les manifestations, ce n’est pas une bonne idée et ils sont d’accord, la dissolution, oui il faut une dissolution, l’analyse du mouvement des gilets jaunes, c’est la même, et c’est ça le phénomène principal depuis deux ans et pour les années qui viennent: est-ce qu’il y aura une convergence, une addition, une alliance, quelque chose entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite, c’est ça qui peut faire changer les rails de la République.
Qui a le mieux tiré son épingle? Laurent Wauquiez. Depuis 18 mois, c’était sa meilleure apparition, celle où on attendait tous ses défaits mais il a été au rendez-vous, et il a réussi à faire passer quelques idées. Il a été concret et il a été assez nickel mais avec de la mauvaise foi car il a encore attaqué les petites phrases du président. Dire que le président s’est trompé en disant qu'on était des Gaulois réfractaires, mais on a les gilets jaunes depuis quatre mois, on est des Gaulois réfractaires. Baisse d’impôts oui mais baisse des dépenses en face quand on regarde le programme des Républicains, c’est faire bosser 39h les fonctionnaires et augmenter l’âge de la retraite. Et ça va mettre beaucoup de Français dans la rue."

"Il y avait un parfum de présidentielle, ça nous a rajeunis de deux ans. C’était les propositions qu’on attendait, or, Stanislas Guerini, patron du parti majoritaire, n’a pas dévoilé un centimètre des intentions de l’exécutif. Après l’émission d’hier soir, on n’en sait pas plus sur la sortie de crise qu’envisage Emmanuel Macron.
Mélenchon et Le Pen, on le sait, refont perpétuellement le match de la présidentielle et la seule solution pour eux est la dissolution. Laurent Wauquiez avait des idées: baisser les impôts, notamment, et rendre l’argent des retraités contre 20 milliards d’économies. Lesquelles? Vous avez entendu un début d’économie pour financer tout ça? Rien.
Alors il y a eu des idées hier soir, elles n’ont pas forcément surnagé, mais il y a eu des idées. Olivier Faure propose un ISF vert pour faire payer aux riches la transition écologique, c’est une idée nouvelle, il faudrait qu’il nous explique comment. Quand Mélenchon dit "plus un Français à moins de 20 minutes des services publics", voilà une idée qui répond aux questions des gilets jaunes, mais comment fait-on? François Bayrou dit "plus une école fermée sans l’avis des élus locaux", c’est intéressant, mais maintenant comment on fait pour mettre tout ça en place?
J’ai trouvé que l’exécutif avait beaucoup de pain sur la planche pour sortir de la crise, mais que l’opposition avait aussi beaucoup de travail et qu’ils ont au fond pas beaucoup travaillé depuis deux ans. On ne peut pas, y compris quand on est dans l’opposition, se contenter d’être un simple commentateur de l’actualité, il faut trouver des solutions.












