Des députés veulent interdire Twitter à l’Assemblée nationale

Des twitts envoyés par des députés ont causé des incidents au sein de l'hmicycle, et même des rappels au règlement. Les interdire est-il la solution ? - -
La tête penchée sur leur téléphone, ils tweettent, inlassablement. Jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale, le réseau social a séduit les députés mais depuis la semaine dernière, leurs tweets s'invitent de manière inédite dans l'hémicycle à l’occasion du débat sur le mariage pour tous. Il n'est désormais plus rare de voir un député se lever, lire, et protester contre un tweet d'un député de l'autre camp. Quand le socialiste Jérôme Guedj écrit « ils souillent le débat », l'UMP fait un rappel au règlement. Lorsque l'UMP Marc Le Fur renvoie une photo mal légendée d'un député PS jouant au scrabble, ce sont les socialistes qui brandissent le règlement. Du coup, l'un d'entre eux, l'UMP Gérald Darmanin, propose une modification du règlement de l'Assemblée pour que les députés n'aient plus accès à Twitter en séance. Mais pour le président de l'Assemblée Claude Bartolone, pas question de couper le wifi, installé depuis seulement quelques mois.
« Il faut se concentrer uniquement sur le débat »
Olivier Falorni, les tweets, il connaît bien. Ce député radical de gauche des Charentes-Maritimes avait bénéficié de celui envoyé par Valérie Trieweiler lors des législatives pour le soutenir face à Ségolène Royal. Pourtant, il estime que l’Assemblée nationale n’est pas le lieu pour ça. « Je pense qu’au sein de l’Assemblée nationale, il faut se concentrer uniquement sur le débat. J’ai tendance à voir, que ce soit dans l’hémicycle ou en commission, des parlementaires parfois plus enclins à faire les débats à l’extérieur qu’à l’intérieur. On voit souvent plus de têtes penchées sur le portable que regardant les autres intervenants. Donc si on coupait le wifi, ça ne me gênerait pas du tout ».
« La responsabilité, pas l’interdiction »
Mais le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux en appelle à la liberté et au respect. « Twitter, c’est la responsabilité de chacun, de savoir ce qu’on y met. Ce que je demande, c’est qu’on ne s’autorise pas sur Twitter ce qu’on ne s’autoriserait pas dans l’hémicycle. Ce n’est pas un lieu où les interdits sont levés, pas un lieu où on peut mettre en cause de façon inappropriée, pas un lieu où on peut insulter. Mais ça, ça fait appel à la responsabilité, pas à l’interdiction ».












