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Covid-19: les régionales 2021 seront-elles maintenues?

BFM Jules Pecnard , Journaliste BFMTV
Des électeurs français dans l'isoloir à Auxerre (illustration)

Des électeurs français dans l'isoloir à Auxerre (illustration) - PHILIPPE DESMAZES / AFP

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Le souvenir du report du second tour des élections municipales ressurgit à mesure que la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 s'amplifie.

Au ministère de l'Intérieur, on assure qu'il y a "zéro sujet". L'éventuel report des élections départementales et régionales, prévues en mars prochain, "n'est pas dans les discussions". À mesure, pourtant, que la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 s'amplifie et contraint l'exécutif à prendre des mesures de restriction de plus en plus musclées, le souvenir des dernières municipales ressurgit.

À l'époque le premier tour a été maintenu le 15 mars, au prix de moult tergiversations au sommet de l'État. Le gouvernement s'apprêtait alors à confiner les Français chez eux. Grâce à un projet de loi présenté les jours suivants par Christophe Castaner puis voté in extremis au Parlement, le second tour a eu lieu trois mois plus tard, le 28 juin.

Interrogé ce mardi à la suite d'une tribune de plusieurs présidents de département demandant un report, dévoilée par Le Figaro, Gérald Darmanin a sèchement évacué le sujet.

"C'est la loi de la République, et le ministre de l'Intérieur n'a pas à donner son avis sur la loi de la République", a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions.

"On est dans les temps"

En théorie, il pourrait pourtant se produire exactement la même chose, à ceci près que deux scrutins concomitants sont désormais concernés. Comme l'a d'abord révélé L'Opinion, ce sont les dates des 14 et 21 mars qui ont été retenues pour les premier et second tours des départementales et régionales. Cette simultanéité a eu lieu trois fois dans notre histoire.

Comme pour les élections municipales, le ministère de l'Intérieur doit publier le décret de convocation au moins six semaines avant les scrutins. Donc au plus tard le 1er février s'agissant du premier tour, le 8 s'agissant du second. La place Beauvau a toutefois coutume de s'y prendre en avance. Pour les municipales, le décret signé par Christophe Castaner (à l'époque titulaire du poste) a été publié au Journal officiel le 5 septembre 2019, soit six mois avant l'échéance électorale.

Selon l'entourage de Gérald Darmanin, le décret concernant les départementales et régionales devrait être publié dans les prochaines semaines. Et "à ce stade, c'est toujours prévu pour mars, on est toujours dans les temps", nous dit-on. Une autre source nous affirme que le document est "plus ou moins rédigé" et potentiellement déjà signé par le ministre.

Même scénario qu'aux municipales?

À l'heure où ces lignes sont écrites, nous sommes à cinq mois de ces deux élections, dont l'une pourrait s'avérer politiquement capitale, aussi peu de temps avant l'échéance présidentielle de 2022. À tel point que plusieurs ministres ont, soit de leur propre chef, soit sous les instructions d'Emmanuel Macron lui-même, exprimé de l'intérêt pour les régionales.

Par conséquent, que se passerait-il si, au vu de l'impossibilité pour les candidats de faire campagne, au vu de la probable aggravation de la crise sanitaire, le scénario des municipales devait se reproduire?

"Cinq mois, c'est long. Il sera toujours temps, s'il devait y avoir un problème lié au Covid-19, de reporter les élections comme ce fut le cas en mars", nous explique l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Si le gouvernement prenait à nouveau la décision de reporter le scrutin pour des raisons sanitaires moins de six semaines avant son déroulement, rien ne l'empêcherait de solliciter les parlementaires pour valider l'initiative.

Inquiétudes

Cette temporalité n'empêche pas certains élus de se montrer inquiets, à l'instar des sept présidents de conseil départemental qui demandent d'ores et déjà le report de leur élection. Quatre d'entre eux viennent du Grand-Est, l'une des régions les plus touchées par le coronavirus au printemps. "Chacun a en mémoire le déroulement chaotique des élections municipales", peut-on lire.

"À l’évidence, le scénario risque de se répéter, s’agissant des élections départementales de mars prochain, rendant impossible la tenue d’un débat démocratique digne de notre république (échange sur le terrain, réunions publiques), sans même parler de la tenue des bureaux de vote proprement dits", poursuit le texte.

Cette tenue des bureaux de vote sera en effet différente de celle en vigueur lors des municipales, en raison de la concomitance cette fois-ci de deux élections. "La plupart des salles ne permettent pas de garantir à la fois la tenue des deux élections et un niveau satisfaisant de sécurité sanitaire", estiment ces sept grands élus. Côté Beauvau, on nous l'assure malgré la réponse lapidaire de Gérald Darmanin ce mardi, le report n'a pas été - pour l'heure - un sujet de discussion.