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Couacs en série à gauche

BFM Christophe Jakubyszyn
Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20

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Le gouvernement a-t-il le mauvais œil ? Couacs en série au Parlement, renoncements en série au gouvernement… Que se passe-t-il en coulisses ?

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais la mécanique gouvernementale s’est enrayée ces derniers jours. Mardi, on parlait du renoncement au fameux choc de compétitivité par crainte des conséquences sur le pouvoir d’achat, aujourd’hui, c’est bien simple, je ne sais même pas par quoi commencer. Est-ce que je vous parle de l’abandon du vote des étrangers aux municipales de 2014, est-ce que je commence par le report de la discussion du mariage pour tous, est-ce que je vous parle de l’accident législatif du tarif progressif du gaz et de l’électricité, ou est-ce que je vous parle du budget qui risque d’être rejeté par le Sénat… de gauche ?

Commençons par le vote des étrangers…

C’est, c’était le 50ème engagement du candidat Hollande : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis 5 ans ». Or, que disait hier Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement ? « Il est prématuré de parler de calendrier pour 2014, ça me semble compliqué », a-t-elle affirmé. Il y a une élection municipale dans le quinquennat, c’est 2014, et la porte-parole du gouvernement nous annonce que, non, en 201,3 on n’aura pas le temps de voter cela, et donc que ça va être trop juste pour 2014.
La vérité, c’est que le texte est sensible politiquement et que des ministres importants, comme Manuel Valls, ont toujours pensé qu’il n’était pas opportun. D’ailleurs ce n’est pas par hasard si Manuel Valls a déclaré il y a quelques jours vouloir assouplir les conditions d’accès à la nationalité française. L’intégration et la citoyenneté pour notamment pouvoir voter oui, le vote des étrangers non. C’est une position qui se défend mais en tous les cas, c’est l’abandon d’une promesse de campagne.

Le mariage ouvert aux gays et lesbiennes, le « mariage pour tous » va-t-il subir le même sort ?

En principe non, le gouvernement ne parle pour le moment que d’un report. Le texte devait être adopté avant la fin de l’année, son examen a été repoussé à fin janvier, mais pour l’instant pas question de renoncer. Le débat fait pourtant rage, y compris à gauche, sur les conséquences de ce mariage universel. Faut-il ou non y accorder le droit à la procréation assistée ? Et si non, comment le justifier constitutionnellement ? Bref, le texte n’est pas prêt et il est urgent de réfléchir.

Au Parlement, bug en série aussi avec deux textes importants en rade, le tarif progressif du gaz et de l’électricité, et le texte sur le logement de Cécile Duflot…

Oui, coup de théâtre mardi, le texte sur le tarif progressif du gaz et de l’électricité, en fonction du volume de consommation, a été rejeté par l’alliance des communistes et de l’UMP.
Le groupe communiste a présenté une motion d’irrecevabilité voté en commission par les communistes, l’UMP et les centristes. Alors rien n’est perdu pour le gouvernement qui, de toute façon, a la majorité à l’Assemblée, mais avouez que ça fait mauvais genre, surtout que les communistes affirment que le texte, qui normalement est un texte à vocation sociale, va désavantager les ménages modestes qui sont dans des logements moins performants.
Et ce n’est pas fini ! Le texte de Cécile Duflot, dont l’objectif est de construire 500 000 logements par an, devrait être invalidé par le Conseil constitutionnel, car le gouvernement n’a pas respecté le délai entre son examen en Conseil des ministres et sa discussion au Parlement. Une erreur de « bleu » qui risque de faire perdre plusieurs mois à de nombreux projets d’urbanisme.
Et puisqu’un malheur ne vient jamais seul, on annonce un débat budgétaire difficile au Sénat, avec là encore une majorité qui devrait être mise en minorité, avec notamment la défection des communistes et de francs-tireurs socialistes. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…

Pour écouter les Coulisses de la Politique de Christophe Jakubyszyn du mercredi 24 octobre, cliquez-ici