Comment le gouvernement va trouver 6 milliards d’euros pour 2014

En 2013, les impôts devraient atteindre 46,3% de la richesse produite. - -
Hier lundi, le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac a admis qu'il faudrait trouver « six milliards d'euros de recettes supplémentaires » l'an prochain pour compenser des rentrées d'argent attendues en 2013 mais qui ne se renouvelleront pas au-delà : « Des économies dans la dépense publique sont inévitables, nous avons commencé à en faire, nous continuerons à en faire, [mais] on ne peut se permettre d'avoir 6 milliards d'euros de recettes en moins par rapport à 2013. Il faudra donc les compenser », a-t-il martelé.
« Hausse d’impôts ou réduction de niches fiscales »
Le Parti socialiste, par la voix de sa porte-parole Frédérique Espignac, s'est efforcé d'éteindre le feu en réaffirmant que des économies budgétaires étaient indispensables mais qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts pour l'année 2014. Pourtant, selon l'économiste de l'OFCE Mathieu Plane, le gouvernement ne pourra pas éviter de nouvelles hausses d'impôts : « C’est obligatoire, le gouvernement doit trouver 6 milliards d’euros de nouvelles recettes fiscales, et donc bien sûr soit augmenter de nouveaux impôts, soit réduire certaines niches fiscales. Il y a notamment la question de la fiscalité de l’épargne, la fiscalité écologique, celles autour des plus-values, sur les successions… Il y a un certain nombre de choses qui sont évoquées et potentiellement envisageables, mais pour le moment rien n’est arrêté. En tous cas, 6 milliards d’euros, c’est pas négligeable ».
Du jamais vu sous la Ve République|||
Malgré la promesse de François Hollande, on se dirige tout droit vers de nouvelles hausses d'impôts l'année prochaine, alors que 2013 bat déjà tous les records. Les impôts devraient atteindre cette année 46,3% de la richesse produite. Du jamais vu sous la Ve République. En cause, la dette, bien-sûr, amplifiée par la crise, qui oblige l'Etat à réduire ses dépenses et à augmenter ses recettes, c'est-à-dire les impôts. Cette escalade fiscale avait commencé dès la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais la faible croissance a obligé le gouvernement à accélérer la cadence : impôt sur le revenu, taxe sur le tabac, impôts sur les sociétés... Au final, la pression fiscale a augmenté de près de 30 milliards d'euros depuis l'élection de François Hollande. Insuffisant toutefois pour remplir l'objectif de 3% de déficit à la fin 2013, voire même 2014. Il faudra donc trouver de nouvelles recettes.












