Castex, Castaner, Molins: qui pour le ministère de l'Intérieur?

Castex à l'issue du casse-tête? Selon le JDD ce dimanche, Jean Castex est pressenti pour prendre les rênes du ministère de l'Intérieur, quitté cette semaine par Gérard Collomb qui a été remplacé dans l'intervalle par le Premier ministre, Edouard Philippe. Jean Castex, âgé de 53 ans, énarque, conseiller à la Cour des comptes dans un premier temps, a ensuite été directeur de cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la Santé, avant de le suivre au ministère du Travail.
Haut fonctionnaire et élu
Il a aussi officié au sein du cabinet de Nicolas Sarkozy lors de la période élyséenne de celui-ci, se penchant d'abord sur les affaires sociales puis en tant que secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Le haut fonctionnaire a fini par franchir le Rubicon de la politique, en étant élu maire de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, en 2008 sous les couleurs de l'UMP. Il a conservé son fauteuil depuis lors.
Celui qui est également conseiller départemental, s'il n'est pas connu du grand public, est également familier de l'exécutif actuel. Il a ainsi été nommé délégué interministériel aux grands événements sportifs en janvier dernier, après avoir occupé des fonctions similaires pour l'obtention des Jeux olympiques de 2024. Politique mais pourvu d'un profil technique très prononcé, venu de la droite, est-ce à lui que pensait Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, lorsqu'il a suggéré au JDD ce dimanche l'opportunité d'un "Jean-Michel Blanquer de l'Intérieur'?
Loin d'être le seul en lice
Jean Castex est cependant loin d'être le seul en lice pour la Place Beauvau. Le nom d'un proche d'Emmanuel Macron revient souvent: Christophe Castaner, délégué général de La République en marche et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Sa proximité avec le chef de l'Etat pourrait bien se révéler être d'une importance cardinale. "Quelqu’un de proche du président de la République est toujours préféré et préférable, parce que c’est quelque chose d’assez sensible. On a accès à des informations qui sont délicates et on travaille souvent en ligne directe avec l’Elysée", a analysé sur notre antenne Mathieu Zagrodski, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP).
Les autres personnalités envisagées sont davantage des spécialistes. On évoque ainsi Mireille Ballestrazzi, directrice centrale de la police judiciaire, ou encore François Molins, procureur de la République de Paris, qui est censé devenir procureur général de la Cour de cassation en novembre prochain. Ce dernier a l'avantage d'être un visage apprécié de l'opinion publique.
Vers un binôme?
Sur notre plateau ce dimanche, Christophe Barbier, notre éditorialiste politique, a douté qu'un technicien puisse satisfaire les attentes du président de la République. "Je pense qu’un profil technique ce serait incomplet pour le gouvernement car il n’y a pas que la sécurité au ministère de l’Intérieur. Il y a aussi les cultes, et surtout les élections. Il faudra redécouper la carte électorale. On passera de 577 à 400 députés. Il faut un politique pour faire ça", a-t-il dit tout d'abord.
Le journaliste a encore relevé deux nécessités: "Et même s’il y a une grande crise de sécurité, un attentat, il ne peut pas y avoir seulement une parole technique, il faut une parole politique. Et dans le régalien, il faut un politique !"
Et pourquoi pas répartir les responsabilités? C'est en tout cas l'hypothèse soumise par Christophe Barbier qui a, au passage, proposé un nouveau nom:
"Je parierai volontiers sur un couple : Castaner, très proche de Macron, très politique, qui pourrait s’occuper de la partie électorale et à côté de lui, un profil technique, un François Molins, un Frédéric Péchenard, une Mireille Ballestrazzi, une femme, pour s’occuper de la sécurité stricto sensu et rassurer les uniformes bleu marine."
Quant aux intéressés, les policiers, ils demandent avant tout à être écoutés. "La première qualité serait de savoir écouter les collègues qui sont à la base, qui sont sur le terrain et de ne pas se laisser court-circuiter par la haute hiérarchie bureaucratique", a posé Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigipolice.












